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Estimation chrétienne du Droit

La loi morale de l’Évangile

La loi de la morale chrétienne est un appel absolument incompatible avec toute espèce de contrainte et de référence au pouvoir. Elle est la loi de la liberté et de l’amour (Jacques 1, 25). Son accomplissement et les obligations qu’elle impose sont les fruits de la grâce. Celui qui l’accepte sait que la loi du Christ est celle de la vie et que sa violation est le chemin de la mort.

L’Église, le monde et le droit

Dans le monde, outre les données morales, il y a aussi celles du Droit. L’Évangile ne les réfute nulle part, il ne nie pas le Droit. Et le Seigneur a dit : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt. 22, 21). Le Droit régit la société humaine ; les fils du Royaume s’y soumettent dans la mesure où il ne s’oppose pas à la loi de l’Évangile.

Droit et conscience chrétienne

Le christianisme ne nie pas l’existence d’organismes fondés sur des principes juridiques. Le plus important de ces organismes est l’État – et les différents organes qu’il comporte. Du point de vue chrétien, le Droit n’est ni un bien ni un mal ; il est neutre, c’est-à-dire qu’il peut devenir un bien ou un mal, soit dans la forme qu’il revêt, soit dans son fond même. […]

Le droit reflète la conscience morale et même religieuse de l’homme et l’état de la Société. C’est pourquoi le chrétien doit porter un jugement sur son contenu même.

La personne humaine

C’est le christianisme qui a apporté au monde l’idée de la valeur absolue de la personne humaine et de la nécessité de sa libre aspiration vers Dieu. En droit, après un long processus qui devait vaincre les notions païennes, cette idée fut exprimée sous forme de reconnaissance du droit de la personne à la sauvegarde de sa vie et de sa liberté.

Les lois qui y contribuent méritent l’approbation des chrétiens car elles aident les hommes à acquérir une pleine conscience des droits de la personne. […]

Malgré sa valeur positive, le droit ne saurait suffire du point de vue chrétien. Les droits de l’individu doivent être liés au service du prochain, y contribuer pédagogiquement. C’est ainsi justement que saint Jean Chrysostome comprend et apprécie le droit à la propriété et la possession des richesses […].

(Catéchisme orthodoxe, A. Semenoff-Tian-Chansky, Paris, 1999)