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Acquérir la grâce du pardon

La lutte pour le pardon –

La grâce du pardon procède de la puissance de la Résurrection. Refuser de pardonner reviendrait à rendre à la mort le pouvoir qu’elle a perdu par la victoire du Christ sur les puissances des ténèbres. Elle dépend en grande partie de notre volonté. Pour engager profondément celle-ci, nous pouvons jeûner en même temps que nous demandons cette grâce. Cela veut dire que nous voulons tellement acquérir la grâce du pardon, que nous préférons nous abstenir de toute nourriture et de toute boisson jusqu’à ce qu’elle règne dans notre cœur. Les métanies ou prosternations témoignent également, devant nous-mêmes, devant Dieu et devant les démons, que nous sommes vrais. Nous pouvons dire une longue prière (un acathiste, des groupes de psaumes, et surtout le saint Évangile en entier), pour infléchir notre volonté dans le sens de celle de Dieu. Nous savons en effet que la volonté du Père est que nous remettions les dettes, et que son propre pouvoir souverain de lier et délier se manifeste ainsi en nous et par nous. Demandons leur aide à la Mère de Dieu, et aux saints que nous aimons car en tous habite la grâce du pardon parce que tous ont aimé la volonté de Dieu autant qu’ils le pouvaient. Investissons-nous au maximum dans cette supplication, car il en va de notre Salut: imaginons ce que serait notre situation si le Seigneur reprenait notre vie sans que vous ayons pu pardonner à la personne qui nous a offensés? Le souvenir de la mort nous aide beaucoup. Pensons également à la contradiction qu’il y a à communier au Corps et au Sang du Christ en ayant encore quelque chose contre quelqu’un, ou si quelqu’un nous refuse encore son propre pardon…

Excuser, s’excuser

Quelquefois également, nous confondons le pardon avec le fait de nous excuser devant la personne que nous avons offensée, ou le fait de l’excuser. C’est une erreur. Celui qui s’excuse se justifie, il cherche et trouve les causes et les raisons de son mauvais comportement ; il se fait l’avocat de lui-même et pense convaincre par des raisons humaines de sa bonne foi ou de son innocence. Celui qui excuse autrui lui trouve également des circonstances atténuantes et, avec générosité, il se fait son avocat devant la communauté. Il peut également, ce qui est une attitude très noble, se faire son avocat devant Dieu ; le Christ Lui-même a trouvé des excuses pour défendre ses ennemis : « ils ne savent pas ce qu’ils font ». Mais Il a dit : « Pardonne-leur ! » – ce qui est d’un autre registre. Le pardon est absolu. Il ne dépend pas d’une argumentation. Le pardon délie ce qui est impardonnable et sans excuse. Le Christ a donc fait les deux. Mais Il ne s’est pas excusé, Il ne s’est pas justifié, Il ne s’est pas défendu.

La communion

Dans le cadre de la confession, il serait sage, avant de nous approcher de la communion, de confesser à notre prêtre l’imperfection de notre pardon, chaque fois que nous voyons qu’elle perdure, et de lui demander la bénédiction pour communier; peut-être nous conseillera-t-il de nous abstenir de la sainte communion tant que le pardon que nous demandons ne nous est pas accordé, ou plutôt tant que nous n’avons pas dit Oui du fond du cœur au pardon que le Seigneur veut nous accorder. Le Seigneur veut nous exaucer, mais la résistance est peut-être de notre côté ! Ici, il y a une contradiction psychologique entre le conscient et l’inconscient; mais cette contradiction n’est pas seulement dissipée par une prise de conscience; il y faut encore l’œuvre de la volonté humaine nourrie par la grâce du saint Esprit. L’être humain n’est pas seulement corps et âme – corporel et psychique – : il a surtout une participation originelle à l’Esprit par le souffle qui a été insufflé en lui et a rendu son âme “vivante”.

Profitons de ce temps du jeûne de la Nativité, pour entrer dans la grâce d’un pardon total à l’égard des personnes qui nous le demandent. Ce sera si bon de s’aimer sans ombre !