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Liturgie vespérale : comment y communier ?

La tradition liturgique –

Dans plusieurs paroisses, par économie, on en arrive à célébrer la divine Liturgie le soir. Nous savons que ce n’est pas la tradition générale. Les célébrations vespérales existent pour certains moments importants du cycle liturgique: le Jeudi saint et le Samedi saint, par exemple, la divine Liturgie est accomplie en fin de journée, précédée de l’office de vêpres; il en est de même pour l’Annonciation qui se trouve généralement en Carême. C’est le cas, bien entendu, pour la liturgie des Dons présanctifiés, un office de vêpres où, en semaine pendant le grand Carême, l’on communie, après une journée de jeûne, aux saints Dons consacrés le dimanche précédents.

L’économie n’est pas la norme

Les autres célébrations vespérales peuvent s’expliquer comme anticipation du jour commençant: suivant la conception biblique, le jour liturgique débute avec l’allumage des lumières au cours d’un office du soir. On peut, par économie et avec la bénédiction de l’évêque titulaire, célébrer, par exemple, un lundi soir la fête du mardi matin. Cela permet aux fidèles de venir célébrer après une journée de travail. Mais l’économie n’est pas normative! Rien ne remplace la célébration au début du jour, selon l’expérience ancestrale des baptisés.

Tendre vers la communion du soir !

En ce qui concerne la sainte communion, notre expérience consiste à garder le jeûne total de nourriture et de boisson depuis la veille au soir jusqu’à l’heure de la communion, que ce soit le matin ou le soir. Si l’on ne peut pas suivre cette expérience de l’Église, on s’abstient tout simplement de communier. La communion eucharistique en effet n’est pas isolée de la démarche eucharistique qui y conduit et qui comprend également l’absolution des péchés, ou renouvellement de la grâce baptismale, et la lecture des prières correspondantes. Nos évêques et nos prêtres veulent nous garder du consumérisme sacramentel et de la banalisation de la sainte communion.

Jouir de l’expérience des saints

Des pratiques différentes peuvent exister. Elles relèvent toutes de l’économie c’est-à-dire du charisme de l’Évêque: celui-ci, par compassion paternelle et par considération pour le bien de la personne, peut donner la bénédiction pour jeûner seulement de nourriture, jeûner seulement depuis un très léger repas à midi, s’être confessé dans le mois, et d’autres aménagements qui sont toujours au service de la personne et de la communauté. En effet, ne pas suivre la Tradition constitue toujours pour la personne une privation de l’expérience séculaire des saints et un amoindrissement dans la jouissance de la grâce. Or, un des buts de la vie ecclésiale est précisément de nous donner accès à ce que vécurent les apôtres, les Pères et tous les saints, à la suite de notre Maître le Sauveur Jésus Christ.

L’absolution

Dans le cas où nous nous serions privés de cette belle expérience du jeûne par négligence, par ignorance ou, à plus forte raison, par orgueil, il est indispensable d’en demander pardon au Seigneur et de recevoir de lui, par le ministère de l’Évêque ou de Prêtre, l’absolution, avant de se présenter à la Table eucharistique. Cela peut paraître exigeant, mais être membre du sacerdoce du Christ et du Corps des baptisés est une telle dignité qu’on ne peut même pas la concevoir. Il est cohérent avec l’idée que nous nous faisons du statut de baptisé de chercher à rejoindre tous ceux qui ont été agréables à Dieu par la pureté de leur vie, leur foi et leur préférence radicale de l’amour de Dieu à tout autre bien. Loin de nous décourager, entendons toujours l’appel divin à la sainteté et à la ressemblance avec Dieu.

(a.p. M.-A.) – 11/07/2021