Imprimer cet article Imprimer cet article

Pourquoi bénir ?

Que le Nom du Seigneur soit béni ! –

Nous entendons souvent l’expression « béni est » ou « béni soit notre Dieu ». Est-ce aux hommes à bénir leur créateur ? Paradoxale, cette formule est constante dans la Bible et dans la Liturgie. « Bénir », c’est dire du bien de quelqu’un. Ceux qui connaissent Dieu s’emploient à dire de lui tout le bien qu’on peut en dire ! Bénir revient à glorifier, à louer et à célébrer. « Sanctifié soit ton Nom ! », disons-nous : le Nom de Dieu est saint par lui-même ; le « sanctifier » veut dire, non le rendre saint, mais reconnaître sa sainteté. Nous prions que le Seigneur soit reconnu pour tel, en ce que l’on connaît et en ce que l’ignore de lui.

Bénir les personnes

Dans la Bible et dans la Liturgie, dans les psaumes par exemple, on bénit les personnes. Cela revient à en penser et à en dire du bien, tout le bien que l’on connaît et tout le bien qu’on ne sait pas. Le Sauveur Jésus Christ nous a même appris à bénir nos ennemis ! La prière personnelle comporte la bénédiction du frère et du prochain. Elle assume une attitude positive à l’égard d’autrui, un a priori favorable ; elle souhaite du bien même à ceux qui nous haïssent, parce que Dieu lui-même ne veut que le bien des justes comme des pécheurs.

Le Créateur bénit les créatures

Nous bénissons toutes les créatures : l’eau, le feu, la terre, l’air, les animaux, les plantes… Bénir, c’est activer toutes les énergies créées et incréées, toutes les raisons divines et cosmiques que comportent les créatures. C’est activer le bien, le beau et le bon partout où il se trouve, sachant que tout bien a sa source en Dieu. Du reste, bénir les créatures revient à participer à la bénédiction proférée par le Créateur lui-même, comme le rapporte la Genèse. Dieu atteste la bonté et la vérité de tout ce qu’Il appelle à l’existence, et nous coopérons à cette bénédiction divine : c’est notre sacerdoce originel et paradisiaque.

Consacrer

Dans plusieurs cas, « bénir » a un sens plus précis. Il est alors employé dans le sens de « consacrer ». Quand le Fils de Dieu bénit la coupe et le pain, Il les consacre en son corps et en son sang ; ce n’est pas seulement une bénédiction : la consécration est l’assimilation définitive d’une personne ou d’une créature à une réalité divine et incréée. Autre exemple, l’eau baptismale n’est pas seulement bénie : elle est consacrée et assimilée ontologiquement à l’eau du Jourdain. Elle est, par cette consécration, transfigurée en l’eau où le Fils de l’Homme s’immergea pour le Salut du monde. Et, par le saint baptême et l’onction chrismale, tu n’es pas seulement béni : tu es consacré en membre du Corps du Dieu fait chair et fait homme, et en temple de l’Esprit ; tu es christifié. Les baptisés sont des hommes et des femmes consacrés.

(a.p. M.-A.) – 27/06/21

> image du Jourdain