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Le baptême des bébés

Le baptême des adultes –

Dans l’Église ancienne, étaient baptisés des adultes ou de grands adolescents. Le rite de ce sacrement, tel qu’il est conservé dans les euchologes le montre très bien. Même dans des familles très pratiquantes, très souvent on attendait un âge avancé pour baptiser un jeune : celui-ci était cependant élevé selon la foi chrétienne. Il était, en quelque sorte, chrétien avant d’être baptisé. On sait que certains personnages politiques ont attendu l’heure de leur mort pour être baptisés, alors que, pendant une bonne partie de leur vie, ils avaient prétendu défendre la foi chrétienne.

Pourquoi baptiser si petit ?

Le baptême des tout-petits à partir de quarante jours, s’il est encore souvent motivé par des formes de superstition, par un simple projet de protéger la vie, et finalement par la peur très peu chrétienne de la mort, a d’autres raisons d’être. La plus importante, selon nous, est la possibilité pour l’enfant d’être alimenté comme le sont les adultes. La Parole de Dieu est nourriture et breuvage, et le tout petit perçoit par tout son corps et toute son âme la grâce qui émane des paroles du Verbe, psalmodiées dans les offices liturgiques. Porté sur les bras de ses parents ou de ses parrains, il est sensible à la douceur que dégage leur prière. S’il est allaité, il goûtera avec une plus grande joie encore l’atmosphère de l’église. Selon l’anthropologie biblique et patristique, la conscience est une conscience incorporée.

L’état d’immersion

Le seul fait d’être immergé – ce qui est le principe même du baptême – dans la vie de l’Église apporte une influence bénéfique à la personne. L’enfant ressent, autant sinon plus qu’un autre, la présence du Christ et des saints par le saint Esprit ; il ressent la grâce incréée, l’amour, la joie et la paix. Bien plus, il communie au Corps très pur et au Sang très précieux du Dieu Homme. Progressivement, sa conscience s’éveille, se développe et grandit avec son corps. Bien sûr, il ressent la grâce dans d’autres circonstances, par exemple à la maison dans les moments de prière, de paix et d’amour familial. Il la ressent lors des promenades en forêt ou au bord de la mer, parce que Dieu est partout présent. Mais, le milieu eucharistique, si l’on peut dire, est le domaine privilégié de la connaissance expérimentale de Dieu par le saint esprit, et la petite personne de l’enfant qu’on allaite ressent cela.

L’offrande baptismale

Par le saint baptême, la chrismation et l’eucharistie, l’enfant est purifié, consacré et sanctifié, comme le sont les offrandes apportées à Dieu dans l’Église. Un rapprochement éloquent peut être fait avec l’offrande eucharistique. Pour celle-ci, les fidèles apportent le pain et le vin spécialement préparés et choisis. Ces créatures sont reçues et préparées par les prêtres qui les apportent sur l’autel. Elles seront, par la parole du Verbe et l’effusion de l’Esprit, consacrées en Corps et sang du Christ, sanctifiées et divinisées. Il en est de même, en quelque sorte, pour le petit enfant.

Baptême, consécration et sanctification

Semblable au pain eucharistique, la belle prosphore ronde et bien levée, qui ne répond pas pour elle-même et pour qui répond l’assemblée liturgique en ses divers ministères, le bébé est apporté à l’église. Il est purifié par les prières du pré baptême, consacré par l’immersion et sanctifié par l’onction ; ensuite, il communie afin d’être purifié, consacré et sanctifié de l’intérieur. « Baptisé dans le Christ », il a, comme l’affirme la prière, « revêtu le Christ ». Il est en quelque sorte « christifié », assimilé au Christ, comme l’est l’offrande eucharistique. La foi de l’assemblée se joint à l’action du Verbe et de l’Esprit pour qu’advienne ce miracle par la volonté du Père. Le bébé nouvellement baptisé est comme un beau petit pain consacré, sur lequel est descendu l’Esprit, rendu ensuite à ses parents qui « sortent en paix ».