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Les grandes vacances !

Abonnés absents ? –Dormition orthodoxametz

Un bon nombre de nos concitoyens va bientôt partir pour la grande migration annuelle, la grande parenthèse, rupture provisoire dans le quotidien. Les vacances ne sont pas seulement le paradis illusoire de toutes les convoitises et de toutes les passions. Elles ne sont pas non plus un farniente, un temps perdu à ne rien faire. Au contraire, on gagne du temps sur les habitudes et la banalité du rythme professionnel et scolaire. Dieu part-Il en vacances ? Bonne question ! Ne répondra-t-Il plus à nos appels ? Ne sera-t-Il plus à notre disposition nuit et jour comme Il l’a été pendant l’année ? Et les chrétiens seront-ils « hors service », « abonné absent », « rappelez plus tard » ? Les saints, pas plus que le Seigneur de tous les mondes, ne chôment ni ne se reposent : ils changent de position ou de rythme. Nos pasteurs ne sont pas déconnectés ; nos frères ne cessent pas de nous aimer ; nos défunts eux-mêmes ne sont pas inertes !

Préparation

La « vacance », disponibilité, ouverture, retrait – retraite -, est source de nouveauté. Le Créateur s’est reculé pour l’épanouissement des créatures. Ses vacances sont un temps qui lui appartient, comme son jour, le Dimanche. Pour les chrétiens, hommes liturgiques, Il ne sera pas absent de leurs joies et de leur compassion pour toutes les créatures. Rétracté ou effacé, le Seigneur reste qui Il est ; Il sanctifie le temps de sa retraite. Comme un long shabbat, un Jour 7 étiré sur le mois, les vacances préparent l’action, le service et un témoignage encore meilleur. Dieu se retire-t-Il, c’est pour jaillir du tombeau. En vacances, les chrétiens se ramassent pour mieux bondir dans l’amour de Dieu et du prochain !

Beauté et prière

La sagesse évangélique nous montre la beauté du lys des champs et de toutes les créatures. Nous rendrons grâce pour les paysages nouveaux, les personnes rencontrées, les cultures à découvrir. Nous nous réjouirons des bons moments passés ensemble, bénis par des temps de prière, de louange et d’intercession pour le monde. Dans les villages et les villes traversés, nous trouverons des saints « en vacance ». Jouissons de la disponibilité, non seulement du Créateur, mais de ses saints, les invoquant quand ils s’annoncent : tel saint, telle sainte, tous les saints de notre pays, tous ceux des pays traversés, priez Dieu pour nous et pour son monde ! Les vacances sont un magnifique temps de prière en famille, entre amis, au camping, à l’hôtel, sur la plage !

Consoler le monde

Pour les chrétiens, les vacances s’appellent, non seulement plaisir, repos ou loisir, mais encore joie, et joie de Dieu. Le Jeûne de la Mère de Dieu en août prophétise la divine joie. Quelle joie d’être enfin libres les uns pour les autres – nos conjoints, nos enfants, nos amis, que nous voyons si peu pendant l’année… – et libres pour le Seigneur et son amour ! Le 6 du mois, la Transfiguration révèle la présence du Christ aimant en toute créature et en toute humanité. On y bénira les fruits de la terre et on dira, comme les Apôtres : « Seigneur, comme il est bon d’être ici ! » (Matthieu 17, 1-9), et on chantera : « Fais luire aussi sur nous, pécheurs, ta lumière éternelle ! » Et cette joie, celle des chrétiens, celle des saints, celle du Maître, portera toutes les peines du monde ; elle sera – elle devrait être – la consolation de la planète affligée.

La Madone

« En ces journées d’août où la nature atteint l’apogée de la beauté et devient elle-même, en quelque sorte, doxologie, espérance, signe d’un autre monde, écrit Père Schmemann,  dans cette lumière particulièrement festive, retentissent les paroles de cette prière : ‘Ni le tombeau, ni la mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, infatigable dans ses prières ; car elle est passée à la vie, celle qui est la Mère de la Vie’. La mort, cessant d’être mort, rayonne d’éternité et d’immortalité. La mort, non point séparation mais union, non pas tristesse mais joie, non pas défaite mais victoire… en ce jour de la Dormition de la Très-Pure Mère de Dieu, préfiguration et confirmation de l’aube déjà naissante du jour mystérieux ». La Mère de Dieu, préside en Madone belle et chaste, aux splendeurs de l’été. Elle est la couronne de Pâques. Elle transfigure nos désirs et nos passions en passion d’éternité en Dieu.

(Radio Notre-Dame le 28 juin 2015)