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Se maquiller, un péché ?

La femme idole –

La question du maquillage est très importante. Certains pères spirituels interdisent totalement à leurs paroissiennes de se maquiller. Il est vrai qu’il peut y avoir dans cette pratique la tentation de séduire, d’attirer à soi, d’exercer un pouvoir sur les hommes. Le péché est alors l’amour immodéré de soi, la tentation d’auto divinisation – la femme rêvant d’être la déesse des hommes ou d’un homme en particulier – être adorée, être adulée, et, là encore, exercer un pouvoir.

Le mensonge

Un autre péché consiste, pour la femme qui se maquille avec excès, dans le fait qu’elle tend à présenter d’elle-même une fausse image. On peut se maquiller pour se cacher, pour revêtir un masque, et, dès lors, on ne vit plus dans la vérité de soi; on n’est plus dans la vérité avec autrui; on devient une femme artificielle, revêtue d’une beauté d’emprunt, dont on ne sait plus qui elle est et qui, quelquefois, ne sait plus elle-même qui elle est: devant son miroir, elle a travaillé à se dissimuler à elle-même. Le visage est l’icône de la personne, de l’identité ultime. Si je me transforme en idole pour moi-même et pour  les autres, je ne sais plus qui je suis. Là est peut-être la raison de la sévérité de certains Anciens. Saint Jean Chrysostome ou Tertullien ont écrit à ce sujet quelques pages exigeantes “sur la toilette des femmes”!

Responsable de l’image

Dans toutes les civilisations, les femmes se maquillent et se parent. L’étude de la parure féminine est inépuisable ! Mais la vision évangélique de la femme tend à libérer celle-ci de tout ce qui l’asservit, en particulier des diverses formes d’objectivation. Il est grand d’être femme. Il n’est pas bon que la femme soit réduite à un statut d’idole ou d’objet consommable. Et cela n’est pas bon pour les hommes. Être femme crée une vraie responsabilité. Tu es d’abord une personne – ni masculine ni féminine. Mais tu es porteuse d’une image précieuse, qui va conduire ton conjoint, le monde masculin en général, et tes enfants vers une certaine représentation de la féminité.

Quelle féminité ?

Quelle image de la féminité voulons-nous donner? Quel type de relation souhaitons-nous entretenir avec notre entourage, en particulier avec les hommes? Ce sont des questions à se poser devant le miroir! Et cela concerne, non seulement le maquillage, mais encore le parfum et le vêtement, bien entendu. La coquetterie fausse les relations des personnes entre elles. Elle fait régner le mensonge.

Le discernement

En revanche, un maquillage pratiqué avec discernement souligne les traits naturels sans les exagérer ou les cacher. Le maquillage idéal est celui que l’on ne remarque pas: tu étais maquillée? Le trait qui valorise le sourcil, la paupière ou les cils; le rouge qui prolonge sur les lèvres le carmin d’origine; le vernis où brillent les ongles; une crème qui relève le teint; une coiffure magnifiant la chevelure – ces artifices, qui appartiennent à la culture, s’ils sont discrets et utilisés avec discernement, contribuent à l’icône de la femme.

Celle qui montre la voie

La Mère de Dieu est-elle maquillée sur les icônes ? – cela ne se voit pas! Icône de la féminité transfigurée, elle n’exprime ni orgueil, ni vanité; elle ne cherche ni à séduire, ni à attirer vers elle-même: elle veut conduire vers son Fils et son Dieu! Nous connaissons bien des hommes qu’une femme conduisit à Dieu.

Être belle pour le Seigneur

À l’inverse, se présenter de façon négligée, peu soignée, ou même garçonne, est une offense à la féminité. Ne méprise pas la femme que tu es ! La simplicité et le naturel dans la féminité et dans la beauté ne sont pas de la négligence. Fais-toi belle pour Dieu, pour qu’Il voie en toi, et surtout à l’intérieur de toi-même, le resplendissement de sa propre lumière. La Bible enseigne à plus d’une page le caractère nuptial de la relation de l’humanité avec son Seigneur, et la femme assume pour sa part d’être l’icône de l’humanité avec laquelle la Divinité veut entrer dans une communion conjugale. Femmes que nous sommes, et fières d’être de ce genre, rendons grâce à Dieu pour le discernement qu’Il nous donne et dont la sainteté féminine dans l’Histoire offre bien des modèles. Le même saint Jean Chrysostome fait l’éloge de sa mère.