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Un chevalier des Arts

L’évènement –

Le 30 novembre 2017, notre diacre saxophoniste Claude, époux de la pianiste Odile Delangle, a reçu la médaille de l’ordre des Arts et des Lettres. L’évènement a suivi l’excellent concert « Le saxophone à l’honneur » donné avec notre archidiacre par l’Orchestre de l’Armée de l’Air dirigé par Claude Kesmaecker à l’Hôtel national des Invalides. Ce moment où, non seulement le saxophone, mais nos amis, ont été à l’honneur, a réjoui et honoré notre communauté. Notre nouveau « chevalier » distingue également la culture de notre pays. Il est chevaleresque de consacrer le meilleur de soi à l’Art et aux Lettres – pour le bien des hommes !

Église et société

L’évènement nous fait réfléchir… La Société civile et l’Église sont deux partenaires au service des hommes de notre temps – et de tous les temps. Les mêmes personnes se dévouent au Christ dans la communauté de ses membres baptisés, et au même Christ dans le monde. En effet, le Christ n’est pas enfermé dans le groupe de ses disciples. Il n’est pas le prisonnier royal de l’institution ecclésiale. Non : le Corps du Christ est un espace ouvert, un visage, une icône divino humaine tournée vers tous les artisans de beauté, de vérité et de bien. Le chrétien, assumant avec fierté son statut de citoyen, est bien conscient que tout ce qui se fait de bien, de bon et de beau en ce monde a sa source dans le Père céleste, unique Source, sa manifestation dans le Fils, resplendissement de la sagesse du Père, et sa communication dans le saint Esprit. Celui-ci agit constamment dans le monde et dans la civilisation pour inspirer aux hommes une vraie quête de la beauté et de la vérité, et pour produire des œuvres qui manifestent le meilleur du cœur et de l’intelligence de l’homme. Celui-ci est appelé à se souvenir qu’il est un célébrant.

Culture et culte

Le diacre est consacré au culte du Christ dans son Église. Il sert son Seigneur et ses frères dans toutes les célébrations liturgiques. Il « aime la beauté de l’Église », comme dit une prière. Il passe sa vie à faire aimer ce qu’aiment le Christ et ses disciples, et à organiser, sous une forme ou une autre, le Banquet eucharistique de la sagesse et de l’amour divin. Il est,  comme tout célébrant, un artiste de l’art angélique et divin du culte ancestral des amis du Christ. Dans le monde, par une activité professionnelle quelle qu’elle soit, le chrétien prolonge toutes les implications de la liturgie et des sacrements ecclésiaux. Travailler dans le monde, c’est travailler pour le Christ – par amour pour Dieu et  pour le prochain ; le diacre saxophoniste joue dans le monde pour Dieu et pour les hommes, avec le pressentiment que, suivant le mot d’un poète, la beauté peut contribuer au Salut du monde. Ainsi,  la culture est, d’une certaine façon, l’extension du culte ; mais, disons également l’inverse : la culture tend au culte ! Elle est apportée au Seigneur dans la liturgie, au-delà d’un simple esthétisme, comme une belle offrande de la civilisation, pour y être transfigurée eucharistiquement. Il y a ainsi une interaction de la culture et du culte – l’activité liturgique est le sommet de la culture humaine.