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Des pistes pour l’Avent

Nous ne pouvons pas être sûrs qu’il y aura d’autres carêmes de Noël. Tentons de vivre celui-ci comme le dernier et l’unique. Quarante jours nous sont offerts généreusement comme un temps de renouvellement et de progrès de notre vie dans le Christ. Anticipons cette belle carrière qui commence le 11 avec saint Martin ou le 14 au soir avec le saint apôtre Philippe et saint Grégoire de Thessalonique. Comme pour le grand Carême, celui de Pâques, trouvons un pré carême, notamment dans les lectures évangéliques que nous donne le lectionnaire de l’Église.

L’évangile selon saint Luc est le seul des quatre synoptiques à rapporter la parabole de Lazare et du mauvais Riche, lue précisément un des dimanches qui précède l’Avent. Nous trouvons dans cette histoire juive des pistes pour, nos enfants et nous-mêmes, parcourir avec fruit le temps de préparation à Noël. Le premier conseil qui nous est donné est de regarder les pauvres, de les considérer comme des personnes à part entière. Qu’est-ce que considérer quelqu’un comme une « personne » ? – c’est voir en lui le Christ présent par le saint Esprit. Le statut de personne vient du sceau de l’image de Dieu en l’homme. Sans cela, il n’est qu’un individu parmi d’autres, ou une personnalité. Regardons les pauvres dans les yeux, asseyons-nous pour parler avec eux, demandons-leur leur prénom, intéressons-nous à leur histoire. A défaut d’argent et d’autres solutions matérielles, offrons-leur un moment d’humanité.

Un deuxième conseil se trouve dans cet évangile : lire la Bible ! « Ils ont Moïse et les prophètes : qu’ils les écoutent », dit Abraham – probablement à notre intention… Lisons la Parole à la maison, seul, avec nos enfants, en couple. Lisons-la en écoutant ce que le Seigneur nous dit. Que lire ? Toute la Bible ? C’est peut-être beaucoup, même en 40 jours… Certains reliront, ou liront le saint Évangile ; d’autres, les psaumes ; d’autres la passionnante Genèse ; d’autres encore choisiront un prophète, par exemple Isaïe, parce que c’est lui qui a dit « voici : la vierge enfantera et donnera un fils ! » (Is. 7, 14). Une maman enceinte lira la Bible à son petit, parce que l’embryon entend tout, mémorise, assimile à sa façon la belle parole du Seigneur portée par la voix maternelle, ou paternelle. Parents, lisez la Parole à vos enfants, pendant la grossesse et dès la naissance : celle-ci constituera leur culture de base pour toute la vie. Ils seront immergés en elle et elle s’immergera en eux !

La troisième proposition divine que nous entendons dans la parabole de Lazare consiste à se réjouir pour les saints, pour les justes, et avec eux. Faisons ce que ne fit pas le mauvais Riche : s’il s’était réjoui du bonheur de Lazare au Paradis, il serait sorti immédiatement de l’enfer où l’ont plongé son égoïsme et son orgueil. Se réjouir pour le bonheur des saints, et en général pour la joie des autres, est le remède à la mauvaise tristesse, cette tristesse psychique qui vient de la frustration. Nous pouvons prier ainsi : « Gloire à toi pour tes saints, Seigneur Jésus, gloire à toi ! » ; « gloire à toi pour ta Mère très pure… » ; « … pour ton saint et juste serviteur Lazare ! ». Nous pouvons également nous réjouir avec les saints en partageant leur joie quand nous leur rendons hommage, quand nous saluons leur joie : « Réjouis-toi, Vierge Mère de Dieu, réjouis-toi ! » ; « réjouis-toi, saint Père et pontife Nicolas, réjouis-toi ! »

En vivant en profondeur cette belle période du carême de la Nativité nous apportons au monde une lumière, une bienveillance, une qualité de vie et d’humanité qu’il n’a pas et qui rayonneront de notre personne et de notre foyer sur notre entourage.