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Faut-il évangéliser ?

Christ portes de l'enfer et Résurrection« Toute puissance m’a été donnée… » –

En Matthieu 28, 18, le Christ ressuscité affirme sa souveraineté absolue dans tous les registres de la création. La puissance de la Résurrection est la même puissance que celle qui s’est manifestée dans la création du ciel et de la terre, de toutes les créatures visibles et invisibles, surtout de l’être humain. Puissance personnelle (« hypostatique » de la Divinité) elle fonde toute action et toute parole de l’Église, qui est le Corps sacramentel du Fils unique et Verbe de Dieu fait Homme. L’évangélisation est fondée, non sur une initiative ou une idéologie humaines, mais sur la puissance d’auto révélation du Seigneur de tout, le Dieu d’Israël.

« Allez… »

C’est un commandement. Ne pas évangéliser, c’est être dans la désobéissance. Dans cette injonction, il y a la grâce divine et incréée d’accomplir la volonté du Père. Elle comporte une impulsion, une énergie plus forte que la mort, et que la peur de la souffrance et de la mort. « Apostolique » vient du grec « envoyer ». De même que le Christ, le Fils de Dieu, est envoyé par le Père avec toute la puissance de l’Esprit, de même tous les chrétiens, et pas seulement les apôtres qui ont reçu le commandement, sont des « envoyés ».

« Enseignez… »

L’enseignement n’est pas d’abord catéchétique et didactique. Il consiste dans l’annonce des merveilles de Dieu : la révélation qu’Il a faite et qu’Il continue à faire de lui-même ; la création absolue de tout ce qui existe ; l’intervention historique dans la création et dans la société ; l’Incarnation, ou « devenir homme », « humanisation » de Dieu et divinisation de l’humanité ; la mort voulue, la descente par son âme humaine aux enfers, et la résurrection corporelle ; la glorification à la droite du Père, du Fils Dieu parfait et Homme parfait ; l’« envoi » de l’Esprit sur ceux qui croient et qui croiront en Jésus ; la venue nouvelle et glorieuse de ce même Fils, au terme de l’histoire ; la résurrection universelle, le Jugement, la participation de ceux qui veulent au Royaume.

« Baptisez… »

L’Église sanctifie. Elle fait cela en immergeant les personnes humaines dans sa propre vie divino humaine : la Parole (le revêtement baptismal du Christ et la vie en lui) et l’Esprit, sanctifiant ainsi l’être humain tout entier ; en inondant le monde entier des ondes de la grâce et de la vérité ; en fécondant la culture, les valeurs, la créativité humaines. L’immersion est « au Nom du Père, du Fils et du saint Esprit », c’est-à-dire dans le nom et la vie trinitaires du Dieu unique.

« Garder… »

La Tradition consiste à transmettre, non seulement les écrits, mais également tout l’enseignement oral du Seigneur Jésus à ses disciples avant et après sa résurrection, jusqu’à son Ascension. L’Église des apôtres et des Pères s’identifie à la communauté qui conserve et transmet avec ferveur, à la fois les paroles et l’exemple du Sauveur, et sa propre personne – son Corps et son Sang. L’Église se reconnaît à ce qu’elle dit et fait ce que le Christ dit et fait. Les personnes ont toute leur responsabilité : elles accomplissent librement le commandement missionnaire de la Parole divine en personne.

« Je suis avec vous… »

Le fondement de l’évangélisation, de toute annonce (« kérygme »), de tout acte sacramentel et de toute action en faveur du prochain, est dans la présence du Christ ressuscité, par le saint Esprit, en son propre corps et en ses propres membres, les baptisés. « Avec vous » signifie que le Christ ne se substitue pas aux croyants. Il agit en nous et à nos côtés, non à notre place. Il y a ainsi une responsabilité des croyants, en ce qui concerne la mission, devant la face du Christ et, par lui, devant le Père, dans l’Esprit.