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Hommage à Monique Fredal

Vie paroissiale – 

L’actualité paroissiale est riche en événements communautaires – mariages, baptêmes, départs à l’appel du Seigneur. Nous ne les mettons pas toujours en valeur, qu’on nous pardonne. Nous voulons rendre aujourd’hui hommage à notre sœur dans le Christ, paroissienne et amie.

Un baptême d’adulte

Monique – Louisa Taalbi – est née en 1960, d’un papa d’origine algérienne, et d’une maman – Jeannette Brahim – qui avait un père algérien et une maman française, raison pour laquelle elle était baptisée. Dans ce milieu complexe, Louisa a émergé, aiguillée vers la paroisse orthodoxe par Jeannette qui y avait fait son entrée. Elle fut, sous le nom de Monique, baptisée dans notre paroisse le 14 avril 1996, une nuit de Pâques. Un baptême d’adulte est toujours bouleversant… Ses quatre enfants furent baptisés également. Seul son mari, Joël, résista !

La rencontre de personnes remarquables

Parler de Monique sur ce site paroissial c’est rendre hommage à l’action du saint Esprit qui cherche dans tous les milieux humains, dans tous les peuples, dans toutes les conditions sociales, la personne humaine irremplaçable, et l’appelle au Salut. Et le saint Esprit achemine le message salvateur par des personnes : Jeannette, comme Monique, et comme bien d’autres membres de notre communauté, connurent la paroisse orthodoxe par des personnes vivant de façon exemplaire la tradition des Pères sur le plan le plus simple de la vie quotidienne. Nous pourrions nommer ici, sauf le respect que nous leur devons, ces chrétiens remarquables par leur gentillesse, leur hospitalité et leur disponibilité, qui permirent à des personnes comme Monique de découvrir l’Église.

Une vie sans histoire

Suite au baptême de Monique, puis de ses enfants, puis de son mariage sacramentel à l’église, la vie de cette femme fut une vie toute simple, dans les HLM de la banlieue. On y bénissait l’appartement pour la Théophanie, on y faisait de petites agapes, la catéchèse des enfants, des rencontres avec les voisins – que des événements tout ordinaires et bénis. C’est également dans cet appartement de Trappes que se déclara la terrible maladie, suite à laquelle on dut déménager, pour jouir d’un espace plus grand. En fait, la maladie évoluant, le fauteuil roulant devenant difficile à manier dans l’ascenseur – et autres complications – Monique se résolut à rejoindre l’établissement Monique Mèze de Courcouronnes, à qui s’adressent aujourd’hui tous nos remerciements. Monique y vécut assez bien, ne se plaignant pas, trouvant plutôt les aspects positifs de la situation et appréciant la délicatesse du personnel à son égard – médecins, infirmières, personnel soignant, merci ! Les sorties étaient encore possibles, en fauteuil électrique, mais tout de même rares. La grande joie de Monique venait de ses enfants et petits-enfants !

Une forme de bonheur

Elle recevait des visites de sa famille et de la Communauté. Quand nous lui apportions les saints Dons, où que, comme on le fit à Noël, nous venions à plusieurs lui chanter les hymnes de la Fête, elle était vraiment heureuse. Nous-mêmes, nous repartions remplis d’une espèce très particulière de joie, issue de la communion dans le Christ, du sentiment de la fraternité, et du témoignage serein donné par Monique jusqu’au bout de son chemin de grande malade. Une deuxième maladie devait, du reste, s’ajouter à la première, rendant tout traitement impossible…

Le Jeudi saint

Monique nous laisse l’exemple d’une personne profonde dans sa simplicité, vivant sa foi là où le Seigneur l’avait conduite, apprenant à prier pour tous ceux qui l’entouraient dans l’Établissement, depuis sa chambre ornée de nombreuses icônes et des photographies de famille. Elle s’est endormie le Samedi de Lazare, 20 avril dernier ; nous pensons au message divin diffusé en ce jour : « cette maladie ne conduit pas à la mort » ; oui : cette maladie conduit à la vie, à la vie éternelle, dans l’amour qui ne passe pas, dans la dignité de la personne irremplaçable et de l’enseignement qu’elle nous donne. En ses funérailles le Jeudi saint, le Christ en Personne, invisiblement, s’incline devant sa servante pour lui laver les pieds.