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In memoriam Gérard Langevin (31 décembre 1944 / 1er septembre 2020)

L’hommage du Corps à ses membres –

La paroisse orthodoxe Saint-Germain-et-saint-Cloud rend hommage à un de ses membres les plus dignes. Le serviteur de Dieu Gérard est entré dans son repos mardi 1er septembre, jour du nouvel an ecclésiastique, fête de saint Syméon le Stylite, journée consacrée à l’intercession pour la Création tout entière. Notre rentrée liturgique coïncide ainsi avec l’entrée dans la présence invisible de notre ami et Frère dans la Foi.

Français orthodoxe

Gérard est représentatif des Français qui se sont acheminés vers la foi orthodoxe et ont trouvé leur place dans l’Église des saints Pères. Comme à beaucoup d’autres Occidentaux de sa génération, la porte de l’Église lui fut ouverte en poussant celle de sa propre intériorité. Suite à une initiation générale à la méditation, il découvrit par la prière hésychaste le lieu béni du cœur. La méditation chrétienne convenait très bien à son tempérament calme et à son esprit paisible. Simultanément, il s’émerveilla de l’expérience liturgique de l’Église, d’abord au sein de la tradition gallo-romaine puis dans celle gréco-slave.

Le paroissien

Dans la Paroisse, Gérard fut pendant une trentaine d’année le « fidèle » vraiment digne de ce nom, toujours présent, dévoué, aimable et agréablement discret. Il rencontra l’estime et l’amour de tous, en donnant simultanément un témoignage familial encourageant pour les autres. Conseiller paroissial pendant plusieurs années, il assuma notamment le poste exigeant de trésorier. Il était également un des piliers du chœur, apportant dans ce service une aimable voix de ténor. Paisible comme il était, il défendit toujours fermement l’ouverture de l’Orthodoxie aux Français.

Chrétien dans le monde

Le serviteur de Dieu Gérard essayait toujours de vivre en chrétien. Il lui arriva, dans l’exercice de sa profession, de choisir d’être pénalisé à la place de collègues. Dans le domaine caritatif, il fut pendant plusieurs années actif dans l’association des Restaurants du Cœur. En bon disciple du Sauveur, il ne voulait pas faire de coupure entre l’Église, en l’occurrence sa paroisse, et le monde dans lequel il était envoyé.

« Bienheureux les doux… »

Sa façon même d’être malade correspondait à son caractère effacé et doux. Les visites que lui faisaient les Frères dans sa maison de retraite étaient toujours gratifiantes pour eux comme pour lui. Nous prononcions doucement les chants de Noël, de Pâques ou d’une autre fête proche. Sa chambre devenait chapelle. Les visiteurs formaient une communauté fraternelle. Une calme atmosphère se dégageait, témoignant de la grâce du saint Esprit. Avec l’évolution de la maladie, Gérard devenait moins accessible, nous habituant progressivement à sa présence invisible.

« Combien le Seigneur est bon ! » (Ps 33)

Mais, quand arrivait le moment de communier, il revenait de son lointain séjour, son œil brillait de joie et son visage, souvent, souriait ! Cette hypersensibilité aux chants liturgiques qu’il avait lui-même servi pendant de longues années, et au Corps et au Sang du Christ auxquels il avait toujours communié, reste le caractère le plus frappant de cette figure de grand malade chrétien.

Gloire à Dieu qui lui accorde le pardon de tous ses péchés, à lui si innocent, et le repos bien mérité, parmi les justes et les saints !