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La Communion n’est pas une chose

Le (dé)confinement –

Les deux mois de confinement liés au grand Carême et à la période pascale ont favorisé une redécouverte de l’expérience eucharistique. Recevoir ou donner la sainte communion en dehors de la célébration liturgique risque d’introduire une déformation. On ne pratique cela que pour les malades retenus dans une chambre d’hôpital ou chez eux. Dans ce cas, le prêtre organise sur place, suivant les forces du malade, un petit office, comprenant notamment la lecture du saint Évangile et plusieurs prières appropriées. En centre de détention, on célèbre autant que possible la sainte liturgie. Séparer la communion eucharistique de la célébration la menace d’objectivation.

Ne pas objectiver les saints Dons

Les saints Dons sont consommés de façon eucharistique et communautaire.  Une prière le dit, après la consécration et avant la fraction du Pain : « les saints Dons sont pour les saints ! »  Ils ne sont pas vénérés pour eux-mêmes. Dans la liturgie des Dons présanctifiés célébrée pendant le Carême, on se prosterne quand ces dons sont conduits solennellement de la table de préparation jusqu’à l’autel. Mais cette forme d’adoration précède et suppose la communion elle-même.

Les dons ne sont conservés que pour les malades ; ils sont toujours consommés intégralement à l’issue de la célébration, ce qui souligne le lien entre consommation et célébration. Il n’y a pas de réserve prévue pour donner la communion à l’issue du saint baptême. Soit le baptême est célébré dans la divine liturgie ; soit il est célébré immédiatement après celle-ci et le néophyte communie aux dons qui viennent d’être consacrés ; soit le néophyte reviendra spécialement à l’église pour participer à la sainte liturgie et au banquet eucharistique.

La célébration

Les fidèles ne sont pas seulement des « communiants » ; ils sont, avec leurs pasteurs, des « célébrants » : ils sont acteurs de la consécration. La difficulté, en période de confinement ou de dé confinement, n’est pas tellement d’organiser la communion pour des fidèles venant spécialement et assumant un certain consumérisme, que de prévoir des formes de célébration pour l’assemblée sacerdotale de la Paroisse ou du Diocèse. Des groupes minuscules peuvent participer à la célébration dans l’église. Mais une grande aide a été apportée dans ce domaine par la technique de transmission des offices en ligne.

Encore une fois, nous rendons grâce au saint Esprit qui inspire aux chercheurs des découvertes si utiles. Il  se passe un phénomène assez étonnant. Comme le fidèles ne peuvent pas s’approcher du Christ présent dans son Corps et son Sang, c’est Lui, le Verbe incarné, Lui qui dit « prenez, mangez, buvez », qui s’approche d’eux. Nombreux sont ceux qui, tels les pèlerins d’Emmaüs, sentent, au moment de la descente du saint Esprit qui suit les paroles de consécration, et au moment de la communion, une grande chaleur dans le cœur.

Communion dans la Parole

Rien ne peut minimiser la participation effective à la coupe eucharistique ! Mais, dans des circonstances particulières, et qui peuvent se reproduire, il faut savoir que l’on communie parce que l’on confesse la même foi que les Apôtres et les Pères ; parce que l’on participe à l’unique Esprit issu du Père et donné par le Fils ; parce qu’on est dans l’amour mutuel des frères ; parce que l’on écoute de tout son cœur les paroles qui sont prononcées : versets tirés de la sainte Écriture et prières des disciples authentiques du Verbe. Si tu es dans l’unité de Foi et dans l’écoute attentive et l’assimilation de la parole de Dieu, tout est communion.

On assimile, on métabolise la Parole et on est transformée en elle, non seulement en lui ouvrant toute grande la bouche (cf. ps.80), mais en lui ouvrant ses oreilles et surtout l’audition intérieure du cœur. Du reste, ce mode auditif de la sainte communion prépare déjà la communion fervente que nous pourrons accomplir dès que le Seigneur nous en trouvera dignes.