Imprimer cet article Imprimer cet article

La nostalgie de la maison de Dieu

Un temps de préparation –

Nous préparons la sainte et glorieuse Pentecôte, quand notre glorification de la sainte résurrection trouvera son couronnement dans tous les dons de l’Esprit! Le chrétien va de projet en projet, de plénitude en plénitude, de rassasiement en rassasiement sans satiété, et jusqu’en l’éternité!

Nous préparons également la clôture de la Pâque: ce sera mercredi 27 mai, vigile de l’Ascension. Le dimanche 24, l’Église célèbrera l’office de la Résurrection de façon solennelle – si c’est possible, bien sûr!

Nous préparons simultanément l’éventuel déconfinement: nous aurons à faire preuve de discernement entre ce qui sera “permis” et ce qui sera prudent. L’apôtre Paul le dit (1 Co 10, 23): tout est permis, tout est possible, j’ai toute liberté, mais tout n’est pas utile, tout n’édifie pas… Nous apprenons à sortir d’une problématique de l’interdit et du permis pour nous comporter suivant ce qui est bon, utile, profitable et prudent du point de vue sanitaire.

« Tes demeures, Dieu Sabaoth ! »

« Que tes tabernacles sont aimés !… Mon âme soupire après les parvis du Seigneur… un jour dans tes tabernacles en vaut plus que mille ! » (83, 1, 3,11). Bien sûr, la privation de nos lieux de culte, la privation de nos frères, nous font apprécier encore mieux, suivant le principe du jeûne, ce et ceux dont nous sommes provisoirement privés. Prenons un exemple: pendant tout le temps pascal, nous ne disons pas la prière « Roi céleste, Consolateur ». Quelle privation, non? C’est le jeûne de Pentecôte: d’une part la glorification de la Résurrection l’emporte sur tout; d’autre part, il est bon pour nous de désirer, d’avoir faim de certaines prières, pour invoquer l’Esprit avec encore plus de vérité.

La passion de Dieu

« Mon âme a soif de toi !… ma chair te désire ! » (Ps. 62, 1-2). « Comme le cerf languit après les eaux vives… » (Ps. 41, 1). Bien plus, il est bon pour nous de désirer désirer : “mon âme a souhaité avec ardeur désirer en tout temps tes préceptes!”, dit le prophète David (Ps. 118, 20). N’est-ce pas magnifique? Avoir envie d’avoir envie ! Quarante jours sans cette invocation de l’Esprit: c’est presque insupportable… Nous savons que la culture biblique est la culture de la joie et de la fête parce qu’elle est la culture du désir – à la différence d’une culture de la satiété, finalement mortifère, comme le signale l’épidémie… La civilisation juive et ecclésiale est la civilisation du désir de Dieu.

L’amour de l’église

« Quand irai-je et paraîtrai-je devant la Face de Dieu ? » (Ps. 41, 3) ; « je m’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu… qui réjouit ma jeunesse ! » (Ps.42, 4) ; « … je parais devant toi dans le sanctuaire, pour voir ta puissance et ta gloire… j’élèverai les mains en invoquant ton Nom ! » (Ps.62, 3, 5) : quel programme ! Quelle ferveur sacerdotale dans le Peuple de Dieu ! Nous désirons, nous souhaitons, retrouver notre vie paroissiale dont le manque nous restaure le goût! Ce qui nous a manqué, évêques, prêtres, diacres et peuple, c’est la co célébration. Nous, les chrétiens, Juifs spirituels, nous sommes des célébrants.

David, le fou de Dieu

Les psaumes du matin en parlent tant! « Je me laverai les mains parmi les innocents et je ferai le tour de ton autel, Seigneur, afin d’entendre le son de ta louange et de raconter toutes tes merveilles! Seigneur, j’ai aimé la beauté de ta demeure et le lieu où réside ta gloire » (Ps. 25, 6-8). N’est-ce pas cela que notre cœur ressent? Et encore : « La seule chose que j’ai demandée au Seigneur, celle que je recherche, c’est d’habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, afin de contempler les délices du Seigneur et de visiter son saint temple » (Ps. 26, 4). Le prophète nous donne les mots qui expriment notre impatience de célébrer à nouveau avec le Christ dans sa maison.

La vigilance

Simultanément, il est de première importance de ne pas perdre ce qui nous a été donné pendant ce temps de jeûne paroissial: l’approfondissement de la fraternité; la découverte des offices dans leur simplicité familiale et domestique; la responsabilité et la compétence des laïcs dans la prière ecclésiale; leur attachement et leur soutien qui font que la Paroisse existe… Nous avons beaucoup reçu… Notre vie dans nos églises retrouvées devrait être toute nouvelle, au sens de renouvelée…