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La Protection de la Mère Dieu à Chartres

La célébration –

Dimanche 1er octobre, la paroisse orthodoxe de Chartres célébrait sa fête patronale annuelle. Un bon petit groupe de la paroisse de Louveciennes s’y est rendu avec beaucoup de ferveur. Le but était de se réjouir avec les Frères de cette paroisse, et d’encourager le prêtre Jean-Claude Pennetier récemment accidenté et son épouse France. La célébration, soutenue par le ministère de deux diacres (Claude et Mircea),  a été vraiment gratifiante. Plusieurs langues ont été à l’honneur – français, roumain, russe et arabe – pour le Notre-Père et le Symbole de la Foi.

L’homélie

Dans l’homélie, on a souligné, en cette fête de la Protection de la Mère de Dieu, que le charisme de la Vierge Marie a été principalement de vouloir ce que Dieu veut. Nous connaissons la volonté de Dieu ; si nous avons la force spirituelle d’aimer cette volonté de tout notre cœur, de grands miracles se produisent. Il a été dit également que le fait de voir la Mère de Dieu dans son icône ou au cours de la célébration, comme ce fut le cas pour saint André et saint Épiphane le 1er octobre 909, est un évènement normal. Nous ne devons pas abdiquer notre capacité naturelle de voir Dieu, comme au Paradis, et comme le fit le grand Moïse, et bien des saints. La vision de Dieu, en ce monde ou dans celui qui vient, est le but de notre vie. Enfin, il a été dit que, de même que le Père céleste est compatissant et que sa miséricorde s’étend sur tous les hommes, les bons comme les méchants, la Mère de Dieu a donné l’exemple d’un amour universel incluant les ennemis, en l’occurrence les bourreaux de son Fils et de son Dieu.

Catéchèse

Une sympathique agape a suivi, comme on pouvait s’y attendre, la belle célébration. À l’issue de ce moment fraternel, une catéchèse était prévue, afin d’honorer l’importance de cette journée et de remercier tous ceux qui se sont déplacés, venus quelque fois de loin. La foi de l’Église concernant la Mère de Dieu était un sujet qui s’imposait. Il a été rappelé que la prière à la Mère de Dieu est constante dans tous les offices liturgiques : la Mère de Dieu est « omniprésente » dans le culte et dans l’iconographie. L’origine de cette vénération est facile à retrouver sur les fresques ou peintures murales de certaines catacombes, notamment à Rome. Les textes du nouveau Testament attestent la présence incontournable de Marie auprès de Jésus et parmi les apôtres et les disciples, comme le montre également l’icône de l’Ascension. Saint Jean Damascène rapporte que, à sa mort, les saints Apôtres, disséminés pour la mission dans le monde entier, se rassemblèrent autour de son corps déifié.

Ensuite, nous savons que le concile d’Éphèse (431) dut, pour soutenir la juste vénération du Verbe incarné – vrai Dieu et vrai Homme – forger le terme de « Théotokos ». Mais Marie n’est pas seulement celle qui met Dieu au monde : elle est celle qui, paradoxalement, le conçoit humainement dans ses entrailles. Elle a ainsi une communion extrême, non seulement avec le Fils de Dieu devenu en elle Fils de l’homme, mais avec le saint Esprit. C’est pourquoi, on peut interpréter sa « protection », telle qu’on la voit sur l’icône, comme une épiclèse, c’est-à-dire une invocation continuelle du saint Esprit sur les chrétiens et sur tous les hommes. En conclusion, il a été rappelé les prières fondamentales par lesquelles nous nous adressons à la Mère de Dieu : la salutation angélique (« Réjouis-toi, Vierge Mère Dieu, Marie pleine de grâce… ») et la prière d’intercession (« Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous ! » où « sauve-nous » veut dire : « donne-nous », ou « fais-nous connaître le Sauveur »).

Vénération du Voile

Cette journée bénie a culminé avec la vénération de la grande relique du Voile qui se trouve dans la Cathédrale. Un office d’intercession a rassemblé les pèlerins pendant un bon trois-quarts d’heure avant que chacun vienne se prosterner avec amour et foi devant la sainte relique.