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Le Christ, Accomplissement du projet divin

La Clef –

Au sujet du résumé et de l’accomplissement dans le Christ Incarné, de la présence et de l’œuvre du Verbe aussi bien dans la nature que dans l’Ancien Testament avant l’Incarnation, présence qui est ainsi, non pas supprimée par la venue corporelle du Verbe, mais rendue lumineuse, saint Maxime encore dit : « Le mystère de l’Incarnation du Verbe comprend en soi l’intelligence de toutes les énigmes et de toutes les figures de l’Écriture et la science de toutes les actions vues et méditées » (1).

La Personne

Étant donné ce fait, non seulement la Révélation culmine dans le Verbe incarné et ressuscité – fait qui se révélera pleinement dans la vie future – mais le cosmos entier va rendre manifeste et lumineuse sa concentration et sa richesse de significations dans la Personne du Christ, ou du Verbe incarné. La clef de voûte de la création est, non pas une loi impersonnelle et générale, non pas une substance, mais la Personne pleine de sens, pleine de tous les sens, du Verbe. Le tout culmine en une personne, en l’occurrence dans la Personne d’où il provient. De cette Personne viennent toutes les réalités, en elle toutes sont maintenues ; en elle, elles se montreront comprises et toutes lumineuses. Le Pantocrator, donc Celui qui soutient et qui remplit non seulement l’Église, mais toutes les réalités, est la Personne : Il est le Logos personnel incarné. Le monde a été créé pour l’être humain, mais celui-ci l’a été pour le Christ, en lequel il se réalise pleinement. « La nature de l’être humain a été constituée depuis le commencement pour l’Homme nouveau (le Christ). Il lui fut donné la pensée et le désir de lui. Nous avons reçu la raison pour lui, pour connaître le Christ, et le désir, pour nous attacher à lui. Nous avons reçu la mémoire afin de le porter en nous, car, lorsque nous étions créés, Il était notre archétype » (2).

La liberté

Dans le Christ s’ouvre l’infini de l’amour et de la liberté en Dieu. La nature elle-même dépasse son état de nature soumise à la nécessité ; en l’être humain et, de façon plénière, en Christ, elle dépasse la répétition, entrant dans une nouveauté continuelle de liberté et d’amour. L’être humain a été créé en vue du Christ,       « comme en vue d’une règle (canon) et d’une mesure…, afin qu’il pût recevoir Dieu » (3).

À l’image du Christ

Dès les premiers temps de l’Église, saint Irénée disait : « Le Christ historique a été le prototype que Dieu avait en pensée quand Il a créé le premier être humain. Le Christ était l’Homme plénier et parfait, qui avait à se montrer sur terre, et le Créateur a vu à l’avance et a créé Adam conformément à ce prototype futur. Par conséquent, Adam a été créé selon le modèle du Verbe, qui devait assumer dans le temps, en tant que Christ, la nature humaine et se montrer Homme parfait sur la terre » ( ). « On connait l’enseignement d’Irénée au sujet d’Adam comme ‘enfant’ et au sujet du développement de l’ ‘enfant’ » jusqu’au Christ. D’après ce Père, le Verbe s’est fait Homme à la fin du développement de l’être humain en ‘verbe’ (en raison), « comme une couronne et un but final de la race humaine » (4).

Les Pères mettent ainsi en relief le lien entre anthropologie et christologie, ou l’accomplissement de l’être humain et du cosmos dans le Christ, en tant qu’Il est la Personne suprême en relation avec les autres Personnes trinitaires.

P. Dumitru Stàniloae, Théologie Dogmatique Orthodoxe, II.

(1) Chap. gnost. I, 66 ; Philoc. II, p. 148.

(2) Nicolas Cabasilas, La vie en Christ, P.G., 150, 680 A.

(3) Ibid., col. 560 D.

(4) P. Nellas, p. 69.