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Le prêtre est-il un thérapeute ?

Non –

L’épiscopat, et la prêtrise qui en dérive, ont un triple ministère : la prédication de l’Évangile, la présidence de l’assemblée des baptisés et l’accomplissement des saints Mystères. Enseignement, conduite de la communauté, et office de consécration expriment d’ailleurs le sacerdoce du Christ, seul Pontife et Pasteur. Le Sauveur enseigne par sa parole, étant Lui-même la Parole et le Verbe en Personne ; Il conduit son peuple en tant que Pasteur suprême ; et Il consacre par la grâce du saint Esprit l’agneau et la coupe en son Corps et en son Sang. Le triple ministère du Sauveur s’exerce par celui du hiérarque et du prêtre ; mais il s’exerce en premier lieu par le sacerdoce baptismal : tout baptisé témoigne de l’Évangile ; tout baptisé participe à la conduite de l’Église et aux décisions ; tout baptisé concélèbre les saints mystères et valide les propositions de l’évêque ou du prêtre par son Amen.

Diaconat et prêtrise

Le diaconat est le ministère du service caritatif, liturgique et catéchétique des frères, comme on le lit dans les Actes. Institué par l’évêque, le diacre coopère à sa droite à tout ce que fait celui-ci ou son délégué le prêtre : il proclame le saint Évangile que le ministère pastoral a pour tâche d’interpréter pour le Peuple ; avec beauté, délicatesse, compétence et vigilance, il conduit la prière de l’assemblée que préside l’évêque ou le prêtre, qu’il seconde par ses injonctions ; il apporte les offrandes pour que le pontife ou le prêtre les consacre. Il seconde l’évêque ou le prêtre dans tous les aspects de leur ministère de prédicateur, de pasteur et de consécrateur. Il ne préside pas, il ne consacre pas ; mais souvent le pasteur lui confie de participer à son ministère d’enseignement, par exemple dans la catéchèse baptismale et, donc, à l’homélie, qui fait partie de la liturgie des catéchumènes et de la préparation de ceux-ci au saint baptême.

Le mystère de la consécration

L’évêque et le prêtre sont des consécrateurs. Ils ne cessent de bénir ou de consacrer, de sanctifier, les éléments et les personnes, les intégrant par-là à l’ordre divino humain de l’Église ; les identifiant à l’humanité déifiée du Christ. La bénédiction des demeures consacre celles-ci en demeure du Christ, sur le modèle de la visite de Jésus Christ à Zachée ; la consécration de l’eau le 6 janvier identifie celle-ci au Jourdain ; le prêtre, avec l’Amen de l’assemblée, consacre l’huile des malades, le pain, le vin, ainsi que toute notre vie à partir du baptême et jusqu’à notre mort : la présence du prêtre dans notre vie, au-delà d’un soutien psychologique et d’une présence humaine, est le sacrement de la paternité divine et de la fraternité divine.

Ministère de la consolation

« Consacrer », en effet, n’est pas seulement « rendre sacré » ou « saint » : c’est désigner la sainteté des personnes, des éléments, des évènements et des situations ; c’est attester la présence du Sauveur par la grâce de l’Esprit consolateur. Ainsi le pasteur nous console : il fait apparaître que le Christ est le véritable sujet de ce que nous vivons de joyeux ou de pénible ; il montre, par l’invocation du saint Esprit, que c’est, non plus moi seul, mais le Christ qui vit en moi, selon la parole l’Apôtre (Galates 2, 20).

Évêques thérapeutes

De grands thérapeutes se trouvent parmi les évêques, les prêtres et les diacres, ces charismatiques de tous les temps dont nous faisons mémoire chaque jour : les saints apôtres, les saints Nicolas, Martin, Jean de Kronstadt, Nectaire, Porphyre d’Athènes, et de si nombreux évêques et prêtres thaumaturges !  Toutefois, le charisme de guérison appartient à toute l’Église parce qu’il est de nature apostolique, comme le montre le saint Évangile (Matthieu 10 ; Luc 9). C’est pourquoi, d’une part il est clair que c’est le Christ en Personne qui est le Médecin des âmes et des corps, et d’autre part on voit que le charisme de thérapeute, loin d’être monopolisé par les pasteurs dont le triple ministère est autre, se manifeste chez tout baptisé, homme et femme.

Thérapeutes laïcs

Tous les jours, nous prions de saintes femmes, de saints personnages, qui sont de saints laïcs thaumaturges – sainte Geneviève, sainte Xénia, sainte Parascève, et les saints anargyres Côme et Damien, Pantalémon et Hermolaüs, Cyr et Jean, dont aucun n’était ni évêque ni prêtre. Les évêques, prêtres et diacres thérapeutes sont tels, non en vertu de leur ministère fondamental, mais en vertu de leur très grand investissement dans la prière de foi, dans le jeûne et dans l’aumône : le Christ en son Église opère des miracles par eux comme par tout baptisé fervent. Il reste que, comme l’écrit saint Jean Climaque (« Lettre au pasteur »), nos pasteurs sont appelés, par la consécration et la sanctification de leur propre vie, à nous aider dans la guérison spirituelle, notre conquête du Royaume et l’acquisition de l’amour du Christ.

> icône des saints Côme et Damien