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Puis-je donner mon corps à la Science ?

Signifier sa volonté de baptisé –

Il est demandé aux membres des paroisses de signifier par écrit ce qu’ils veulent pour leur propres funérailles afin d’éviter des discussions inutiles. La réponse est facile : je veux les funérailles d’un chrétien orthodoxe, à cercueil ouvert, suivie de l’inhumation dans la terre sanctifiées déjà par le sang du Christ et celui des martyrs. Il y a des services orthodoxes des funérailles qui sont compétents pour cela, si tant est que le baptisé, dans le contexte de la société où nous vivons, a clairement exprimé sa volonté et sa foi.

La dignité du corps

Le fait d’être baptisé change tout à la vie humaine, corps et âme. Le baptisé ne dispose pas de soi, il ne dispose pas de son corps. Le baptisé appartient au Christ et à l’Église dont il est devenu membre par la sainte immersion, par l’onction chrismale et par la communion eucharistique. Tu ne peux pas disposer des membres du Christ ! Nous ne sommes pas des païens. Ton corps et tes membres qu’ont irrigués le Sang divino humain du Christ et qu’a nourris pendant tant d’années sa chair très pure ne sont pas des objets dont on puisse disposer à sa guise. Nous ne sommes pas des athées. Ce corps et ces membres baptisés sont vénérés comme reliques des saints. Ils sont inhumés avec gloire. Ce ne sont pas les membres de n’importe quel être humain ; c’est une chair, ce sont des ossements sanctifiés par la grâce. Nul n’a le droit d’agir avec eux à la légère. Cette main, ce pied, cette poitrine ne sont pas miens : elles sont au Christ.

Le corps du Christ

La vocation des baptisés, leur conscience, leur dignité et leur statut sont particuliers. Leur corps est honoré comme le fut celui du Christ lui-même descendu de la Croix par Joseph d’Arimathie et les saintes femmes. Cette réalité glorieuse a des implications pratiques très importantes pour la transfusion sanguine, pour la greffe des organes, pour l’incinération et pour l’abandon de son corps à la Science, comme une dépouille anonyme livrée à une vague divinité de ce monde. Ce n’est pas une question de permis et d’interdit, car l’esprit ecclésial est étranger à cette considération. C’est une question de conscience, de sens, de connaissance. Être baptisé veut dire être mis à part, consacré au Seigneur, membre du peuple royal, sacerdotal et prophétique de l’Église, le Corps du Christ. Le Christ est Dieu fait chair et fait homme : à quelle réalité nouvelle ne devons-nous pas penser quand nous songeons à notre corps et à celui de nos frères baptisés ? Réfléchissons…

L’économie

L’instance pastorale de l’Église, l’épiscopat, existe entre autres pour pratiquer ce qu’on appelle l’économie, une exception pour le bien de la personne et de la communauté. Si le bien de mon prochain est que je lui donne mon sang ou mes membres, j’irai jusqu’à lui donner ma vie – non pas à une Science anonyme et totalitaire, mais à une personne. Si je souhaite disposer de mon corps en faveur d’une personne qui pourrait être soignée ou guérie par cela, je peux recourir au ministère pastoral. Je peux demander à l’Évêque la bénédiction pour disposer de ce dont je ne dispose pas. Que tout se fasse dans l’Église avec la bénédiction de ceux qui président dans l’amour… Ce ne sera pas moi qui donnerai mon corps, mon sang, mes membres et ma vie : ce sera l’Église, et cette offrande de moi-même, comme celle des saints martyrs, sera eucharistique.