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Si tous les chrétiens du monde…

Le carême de tous – 

Cette année, tous les chrétiens célèbreront la Résurrection le même jour, c’est-à-dire le 16 avril. Cette occurrence providentielle se produira à nouveau le 20 avril 2025. Ce sera à nouveau l’occasion de se préparer ensemble à la proclamation fondamentale et de se réjouir ensemble en annonçant que le Christ est ressuscité ! Et nous annoncerons, comme il est prévu de le faire cette année, la résurrection du Seigneur, ensemble, sur les parvis et sur les places publiques – ensemble…

Expériences d’unité

Les chrétiens de tous bords peuvent, dans le concret, par l’action, avoir une commune expérience d’unité. Tous les chrétiens peuvent avoir une position commune en ce qui concerne la torture, la peine de mort, et autres situations qui déshumanisent l’homme, ou encore dans le domaine écologique. Récemment, les 14, 15 et 16 mars, le Colloque annuel des Facultés a réuni des chrétiens pour répondre ensemble à la question « Comment parler du péché en 2017 ? »  Les interventions et les discussions ont montré que, en se référant à la parole de Dieu, les chrétiens sont capables d’une réflexion commune. Quand le climat est celui de l’amitié, de l’estime réciproque et du respect, ils sont tout à fait en mesure de s’aimer sans être d’accord sur tout.

Le jeûne

Nous n’aurons pas avant longtemps l’occasion de le faire : chrétiens de partout, jeûnons ensemble, autant que nous le pouvons, puisque nous sommes entrés ensemble dans le Carême. Sur la planète entière, imaginez que tous les chrétiens, quels qu’ils soient, participent au jeûne qui est en fait celui du Christ. Imaginons – il est encore temps de commencer, « ouvriers de la dernière heure » ! – que tous les chrétiens jeûnent et prient pour eux-mêmes et pour le monde : n’est-ce pas la première façon de prendre en charge les souffrances du monde où nous le Christ nous a envoyés ? N’est-ce pas une action commune, une expérience d’unité de la communauté de ceux qui confessent la Résurrection ? Bien sûr, l’œcuménisme est caractérisé par le dialogue et par le témoignage mutuel, et par des formes de témoignage commun : nous devons « parvenir à l’unité de la foi et à la communion du saint Esprit » (liturgie selon saint Jean Chrysostome). Mais, parlons d’un œcuménisme pratique, de l’action : or, la première action n’est-elle pas celle qui nous engage comme nous engagent le jeûne et la prière ? N’est-ce pas une commune et planétaire démarche de repentir ?

L’appel de l’Esprit

Le grand appel de l’Esprit résonne dans la conscience prophétique de l’Église : jeûner et prier pour soi et pour le monde ; pour nos communautés elles-mêmes ; pour la guérison de nos membres ; pour le renouveau de la Foi ; pour atteindre une commune confession de la foi apostolique. Si tous les chrétiens du monde… Remplissons les points de suspension ! On se prend à rêver d’une immense force spirituelle mondiale, d’une immense manifestation de l’amour de Dieu sur la terre, d’une grande solidarité, d’un œcuménisme de l’ascèse et du repentir. Le repentir dans le jeûne et la prière est la première action quand on consulte un peu son écran pour y connaître les événements quotidiens, dans notre pays, au Moyen Orient et sur la planète entière. Sans repentir, il n’y a pas de changement de mentalité. Et, sans jeûne, il n’y a pas de repentir sérieux, parce que le jeûne engage l’homme complet, corps et âme, esprit et cœur. Le jeûne est la première action du Christ après son immersion dans le Jourdain et avant toute prise de parole.

Commençons

On se prend à rêver de la royauté de l’Esprit – qu’advienne ton règne ! Elle nous donnerait à tous la vision de Dieu en tout et la force d’un témoignage vivant – le génie de renouveler notre expérience du Christ : « Le christianisme ne fait que commencer », titre un livre de Père Alexandre Men, un martyr de notre temps. Eh bien, tous les chrétiens du monde, commençons donc ! Si nous n’avons pas commencé, il est tout à fait temps de s’y mettre en cette deuxième moitié du saint et grand Carême…