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La Liturgie, moyen missionnaire ?

Pas d’instrumentalisation du culte –

Le culte réunit des personnes unies par la foi et le mode de vie. Il n’est pas un moyen de prosélytisme, de propagande ou de mission. Les baptisés forment une assemblée déjà acquise au Christ et à son Église. Certaines parties de la célébration sont proposées aux catéchumènes – qui se préparent au saint Baptême et qui, donc, croient déjà -, aux pénitents – membres bientôt réunis à l’Assemblée après absolution de leurs fautes et qui sont, donc, des croyants -, aux « fidèles » – confesseurs de la vraie foi et membres actifs du corps sacerdotal de l’Église. La Liturgie n’a pas en soi de partie préparée pour la mission : elle est apostolique parce qu’elle a son origine dans la prédication et le culte des saints apôtres.

La prière pour le monde

Mais le culte chrétien a un caractère missionnaire parce qu’il comporte la prière pour le monde et pour son Salut. L’Évêque ou le Prêtre intercède principalement pour le Peuple de Dieu, ceux qui librement ont donné leur foi au Christ, « Fils unique et Verbe de Dieu », et coopèrent avec lui pour faire la volonté du Père. Toutefois, celui qui préside la prière de l’Assemblée prie également pour le monde : « nous t’offrons encore ce culte conforme à ton Verbe pour le monde entier » (prière après l’épiclèse). La force de la prière tient à la foi et au repentir par lequel la communauté résiste au Malin.

La prédication du Verbe en Personne

Si un non baptisé entre dans une église au moment de la célébration, son cœur et son intelligence peuvent être convertis par la puissance et la douceur de la Parole. En effet, le culte de l’Église glorifie l’essence du patrimoine biblique, le saint Évangile, et donne la parole au Verbe. De plus, il est composé de mots et de phrases qui se trouvent chez les prophètes, dans la Loi et dans les psaumes. La Liturgie est ici missionnaire : le Christ prêche Lui-même par elle ; elle est la tribune du Verbe qui s’adresse à son peuple, ainsi qu’à toute personne conduite par l’Esprit à pousser la porte de l’église. Le culte de l’Église, en tout cas la liturgie des catéchumènes, est public.

Le Salut par la beauté

La célébration a, par sa beauté, un caractère missionnaire. Elle resplendit d’une lumière créée, reflet de la lumière incréée et divine. Elle retentit d’une musique humaine, écho des louanges angéliques à la gloire indicible de la Divinité. Elle montre dans leur icône la beauté des personnes transfigurées que sont les saints. L’attitude des fidèles qui composent l’assemblée, la beauté de leur visage rayonnant de joie, la justesse de leurs gestes, la communion qu’ils forment entre eux expriment une vérité saisissante par laquelle un non encore croyant peut être bouleversé pour la vie.

La réalité sacramentelle

Enfin, la Liturgie, surtout l’Eucharistie, est missionnaire par ce qui a lieu en elle, ce « sacrifice non sanglant » que le Verbe incarné qu’habite l’Esprit saint offre en permanence par amour pour tous les hommes. La puissance du sacrifice eucharistique est au-delà des mots. Elle touche potentiellement le tréfonds des milliards de consciences qui habitent la terre. Elle transforme et sanctifie l’humanité de l’intérieur. Elle actualise pour ceux qui croient et pour le monde entier l’évènement de la Pentecôte, Descente vertigineuse de l’Esprit sur les croyants et sur le monde. Certes, la puissance divine agissant dans la sainte Liturgie n’est pas contraignante : en cela elle est missionnaire, et non prosélyte – exempte de tout pouvoir, elle suscite des libertés et des conversions, dans l’Église et sur toute la surface du globe.

(a.p. M.-A.) – 14/11/21