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Points de vue chrétiens sur le transhumanisme – A – Le dépassement de l’homme – compte-rendu bibliographique

Marc Feix et Karsten Lehmkühler (éd.), Homme perfectible, homme augmenté ?, Actes du colloque de l’ATEM (Association des théologiens pour l’étude de la morale), Strasbourg le 29 août 2014, Revue d’éthique et de théologie morale, hors-série, n° 286, Éditions du Cerf, Paris, 2015, 226 p.

Au cours de ces dernières décennies se sont développées aux États-Unis, puis répandues dans le monde occidental, diverses théories qui se rattachent à ce que l’on appelle le courant transhumaniste, qui est puissamment soutenu par de grands groupes internationaux comme Google.

Ce courant vise à un dépassement des limites de l’homme actuel. Il comporte à un premier niveau la promotion de tous les moyens techniques permettant ce que l’on appelle en anglais un human enhancement, c’est-à-dire un perfectionnement et une « augmentation» de l’être humain. Comme le montre cette double traduction, ce dépassement est envisagé à des degrés divers qui peuvent aller d’un simple remède à des maladies ou des infirmités, jusqu’à une amélioration des performances physiques, psychiques et intellectuelles, réalisant un être humain ayant des capacités et des performances supérieures à celles de l’homme actuel. Cela débouche sur le concept plus large de transhumanisme, qui désigne un mouvement qui a l’ambition de créer un homme supérieur, ayant une nature différente de la nature présente, une nature qui accédera notamment à l’incorruptibilité et à l’immortalité, et à une toute-puissance sur elle-même et son environnement, une nature quasiment parfaite.

Cette conception qui remet en cause la conception de l’homme actuel, de ses limites, de son imperfection, et qui ambitionne de changer sa nature même pour lui conférer des qualités quasi-divines ne peut qu’interpeller les chrétiens. L’ATEM (Association des théologiens pour l’étude de la morale), qui réunit des universitaires catholiques et protestants spécialisés dans le domaine de l’éthique ou susceptibles d’apporter leurs compétences à la réflexion éthique, lui a consacré son dernier colloque annuel. Comme chaque année, un numéro hors-série de la Revue d’éthique et de théologie morale contient les Actes de ce colloque.

Une première partie regroupe les communications relatives à une « Approche philosophique et scientifique »:

— Bernard Baertschi, «Human enhancement”: enjeux et questions principales »

— Jean-Louis Mandel, « Améliorer la condition humaine par la génétique? »

— Ghislain Waterlot, « Entre amélioration et aliénation: réflexions à partir de la “perfectibilité chez Rousseau et chez Bergson »

— Pascale Lintz, «Enhancement et nanotechnologies »

— Otto Schäfer, « La notion d’homme végétal, une piste pour renouveler le discours anthropologique chrétien? »

— Valentine Gourinat, « Le corps prothétique: un corps augmenté?

— Barbara Duarte, « Le piratage corporel ou body hacking au service de l’augmentation corporelle »

Une deuxième partie concerne l’« Approche biblique »:

— Christian Grappe, « La notion de perfection dans le Nouveau Testament et les réflexions contemporaines relatives à l’human enhancement »

Une troisième partie contient les exposés se rapportant à l’« Approche d’éthique théologique et de spiritualité »:

— Karsten Lehmkühler, « La théologie face à l’amélioration de l’homme »

— Marie-Jo Thiel, « L’homme augmenté aux limites de la condition humaine »

— Alberto Bondolfi, « Comment argumenter à propos de l’amélioration de la condition biologique de la vie humaine? »

— Jean-Claude Larchet, « La déification (“théôsis”) comme accomplissement de l’homme »

— François Marxer, « Accomplissement, performance, dépassement: quelle excellence choisir? »