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Jeunes Orthodoxes, aujourd’hui … par le Hiéromoine Savatie Baştovoi

Un converti –

« Dans mon enfance, Dieu n’existait pas. Mon père était un propagandiste de l’athéisme scientifique et faisait la propagande même en retournant le jardin ou en coupant du bois. Ainsi je n’avais d’où croire en Dieu. Mais, à l’adolescence, j’ai eu une aventure, quand j’étudiais au lycée artistique d’Iassy, et c’est de là que découle ma foi (…). Les principes de l’Orthodoxie et du monachisme sont beaux et ont une seule raison d’être : libérer l’homme (…) Je ne pouvais être chrétien en dehors du monastère. Et si le monastère n’a pas réussi à faire de moi un homme, vous vous rendez compte à quoi je serais arrivé si je n’étais devenu moine ! Sincèrement, je crois de toutes mes forces que je ne serais plus en vie maintenant. Il n’y a que l’espérance et la connaissance de l’amour de Dieu qui me tiennent [en vie].

Problèmes contemporains

Le plus grand problème que rencontrent les jeunes Orthodoxes est qu’ils sont désorientés. Ils ne savent où s’accrocher. Ils n’ont pas de force, ils sont comme des fleurs qui ne s’enracinent pas. Ce fait est dû à un mouvement mondial qui handicape la jeunesse. Dans l’Empire romain, le jeune était mûr à 21 ans et, par conséquent, apte à servir la Cité. Maintenant, le jeune étudie jusqu’à 35, 40 ans, quand il passe un doctorat et termine avec une bourse à l’étranger, c’est-à-dire qu’il est un étudiant qui tremble devant les notes, au lieu de construire quelque chose. Entre temps, il commet tous les péchés possibles et perd la foi dans l’amour. Quand il se rend compte qu’il n’est plus jeune et qu’il n’a rien accompli de digne dans la vie, il veut fonder une famille, mais il est mécontent des choix qui sont à sa portée, parce qu’il doit choisir dans le même monde que le sien. Et ainsi, la vie se transforme dans le cercle sans fin du « que faire ? ». Seul l’amour peut nous arracher à cette confusion, l’amour qui est sacrifice et pardon. N’en est-il pas ainsi ? Aimer signifie pardonner…

Le virtuel : affaiblissement de la foi ? Opportunité pour la mission ?

Toute « amitié » sur les réseaux online et l’utilisation excessive d’Internet affaiblissent la communication et l’amour. La vie en virtuel est un grand mensonge. C’est comme faire l’amour par téléphone.

Changements continuels, bombardement informationnel, raffinement des tentations, de contestation de la tradition et de libertinage extrême : comment nous approcher de Dieu ou nous tenir près de lui ?

Ne croyons pas le mal. Sachons que tout ce que nous entendons de mal de la part de quelqu’un est un mensonge ; pas totalement dans le fond, mais dans les faits. Le mal, par définition, ne peut être vrai. Le mal est l’œuvre du Diable ; le Tentateur commence par jeter un homme dans une faute, et il claironne ensuite cette faute dans les oreilles des faibles, pour multiplier le mal. Ceci semble être le but de plus en plus clair des chaînes de télévision. Gardons-nous de multiplier les médisances qui arrivent à nos oreilles, et nous ne perdrons jamais le lien avec Dieu, même si, à d’autres égards, nous sommes troublés. Et n’envions pas la voie des pécheurs riches et infatués (Sir. 9, 16). Car, comme le dit ma grand-mère, le monde est plein de fous. Soyons, nous, plus raisonnables. »

Le Hiéromoine Savatie Baştovoi est né en 1976 à Chişinău.

>lire le texte original en roumain : Tineri Români astazi