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L’accueil de l’étranger

Dimanche du Jugement –

Nous avons entendu la parole de Jésus Christ : « J’étais étranger et vous m’avez accueilli » (Matt. 25, 36). Cela correspond aux commandements qu’Il a donné lui-même : « cet émigré installé chez vous, vous le traiterez comme l’un de vous » (Lv 19, 34) ; « tu ne maltraiteras, ni n’opprimeras l’expatrié » (Ex 22, 20) ; « vous aussi, aimez l’étranger » (Dt 10, 19) car « le Seigneur aime l’étranger » (Dt 10, 18). Comme toujours, le Verbe, non seulement donne le précepte, mais Il l’accomplit lui-même : Il manifeste, en plusieurs passages de l’Évangile, cet amour : Lc 17, 18 (guérison du lépreux) ; Mt 15, 21-28 (la cananéenne) ; Jn 4, 5-42 (la Samaritaine) ; Mt 8, 5 (le centurion).

L’hospitalité divine

Dans l’étranger, le « pas comme nous », dans l’épreuve de l’altérité sous une forme ou une autre, nous rencontrons le Christ présent par l’Incarnation en toute personne humaine : ce que vous avez fait à cet étranger, c’est à moi que vous l’avez fait (cf. Matt. 25, 41). L’accueil de l’étranger, fondé ainsi, non pas moralement mais théologiquement, introduit la rencontre, la découverte, la surprise : il est comme nous ! Celui que le xénophobe considère à peine comme un humain se révèle de même nature que nous, porteur du même sceau de l’image divine, et cette image est le Christ, l’Hôte par excellence, le Fils de Dieu, imprimé en chacun, seul fondement de la personne humaine.

La paroisse

Nos paroisses sont des lieux privilégiés pour cette découverte par la « philoxénie ». La plupart d’entre elles forment une assemblée dont, au départ, les membres sont des étrangers les uns pour les autres. Cet étrangeté mutuelle (culture, langue, coutumes, mais également altérité sexuelle, différence sociale, présence éventuelle d’handicapés, on peut généraliser…) est transfigurée par le saint Esprit en révélation de l’unité et de la communion : dans la foi, dans l’amour du Christ et de sa parole, dans la même référence aux valeurs bibliques, le même attachement à la tradition des Apôtres et des Pères. Le jour de la Pentecôte, l’Esprit unit tous les peuples dans une même glorification du Christ.

La société civile

Les chrétiens y apportent la lumière des préceptes divins, base de l’hospitalité mutuelle. L’hôte est celui reçoit comme celui qui est reçu. Chacun manifeste son respect à l’autre. Celui qui est accueilli respecte les lois de la cité qui l’accueille ; celui qui accueille fait tout ce qu’il peut pour que l’hôte se sente, non plus un étranger, mais un frère, un membre de la famille du Christ, suivant la tradition juive de l’accueil de l’étranger. L’ACAT, par exemple, est un mouvement de chrétiens qui œuvre dans ce sens : « les défis sont nombreux à relever, pour que l’image de terre d’asile que la France – réel pays d’accueil – souhaite conserver corresponde à une réalité » et que soit manifestée la présence du Christ dans son monde (ACAT, Trait d’Union n° 41, janvier 2013. Bulletin régional Paris Ile de France Nord Ouest. Région 29, p. 6).