Imprimer cet article Imprimer cet article

Prochaines élections européennes

Citoyenneté chrétienne – 

A chaque évènement de la vie sociale, la conscience chrétienne est mise devant sa responsabilité. Citoyens de ce monde, comme le Christ Lui-même, citoyens d’abord du Royaume qui n’est pas de ce monde, rien de ce qui advient dans le monde ne nous est étranger. Nous n’avons pas été retirés du monde par la foi et par le baptême. Nous avons été envoyés dans le monde. L’Église n’est pas ce confort de l’âme et du cœur auquel tenaient certains disciples : après la Transfiguration, eux qui disaient « comme on est bien ici ! », le Christ les envoya depuis la montagne dans la plaine de la Société civile.

Agir par les lois

Le Christ ne fait pas toujours descendre ses disciples dans la rue, encore qu’il y a des temps pour cela, comme on l’a vu naguère. Il ne nous parle pas toujours de ce monde-ci. Il nous parle beaucoup du Royaume dont Il est le Roi et qui est notre première patrie. Mais un « aux urnes,  citoyens » résonne quelquefois, quand Il dit de « rendre à César ce qui est à César », c’est-à-dire d’assumer les responsabilités citoyennes, de suivre par motif de conscience les lois pourtant relatives, et d’œuvrer pour améliorer ces lois.

La prière d’abord

La première action est toujours la prière, action mère de toutes les autres. Dans la prière, notre amour pour tous les hommes et pour le monde entier s’épanouit en compassion, en créativité, en dévouement, en responsabilité, en audace et en courage, en talent mis au service du prochain – de tous ces prochains qui composent la Société civile, de tous ces prochains européens, en l’occurrence. Prions pour notre belle Europe !

L’Évangile dans la Société

La deuxième action est la réflexion politique des chrétiens sur la base de l’Évangile. Quelle Europe voulons-nous ? Que pensons-nous des programmes affichés ? Que signifie être chrétien dans le monde contemporain ? Quelles propositions l’Esprit saint nous suggère-t-Il pour une Europe encore plus humaine et encore plus juste ? Quelles réformes, quelles améliorations nous suggère-t-Il ? Comment faire pénétrer la loi évangélique, c’est-à-dire comment exaucer « sur la terre comme au ciel » la prière  que nous prononçons si souvent : « que ta volonté soit faite !», quelles conséquences tirons-nous de ce vœu pieux pour la communauté humaine et pour la Création ? Quelle est la responsabilité chrétienne pour la Création ? C’est-à-dire : quelle conscience écologique nous inspirent le saint baptême et les nombreux mystères sacramentels de notre Église ?

Orthodoxes européens

Parmi tous les chrétiens, les Orthodoxes sont attendus avec impatience. Ils ne sont pas seulement des gens de passage dans les pays occidentaux où ils ont été envoyés ; par seulement des émigrés, mais des citoyens à part entière et parti prenants des causes européennes. Orthodoxes de naissance, sociologiques, ou Orthodoxes par choix, occidentalisés par plusieurs générations implantées en France ou dans d’autres pays, ou encore Occidentaux de souche, ils pourraient, s’ils sont nourris par toute la sagesse du Christ dans la tradition de l’Église, être les premiers à fournir des propositions dans la lumière de la Résurrection qui aura été justement distribuée le 28 avril ! « En Dieu nous ferons des prodiges » (Ps.59, 14), chrétiens européens que nous sommes.

La conscience orthodoxe

Une telle conscience chrétienne patristique est une conscience trinitaire. Elle repère et elle soutient tout ce qui relève de la collégialité, du conseil, de la concertation, de la délibération de personnes égales et libres, animées par une volonté unique de bien pour l’homme. Elle est également du côté de toutes les formes de synergie divino humaine : la volonté humaine coopérant avec la volonté divine pour l’humanisation de l’homme. La prière est une telle synergie, mais l’âme de l’action citoyenne consiste également à vouloir, sur le terrain, ce que Dieu veut. Enfin une telle conscience patristique voit dans l’homme l’icône de Dieu le Verbe et réagit à la parole de son Maître : « ce que vous faites, ou ne faites pas, au plus petit d’entre vous, c’est à moi que vous le faite ou ne le faites pas… » (cf. Mat. 25, 31-46).