” Le Christ est ressuscité ! ”                  ” Le Christ est ressuscité ! ”            ” Le Christ est ressuscité ! ”            ” Le Christ est ressuscité ! ”            ” Le Christ est ressuscité ! ”              ” Le Christ est ressuscité ! ”            ” Le Christ est ressuscité ! ”            ” Le Christ est ressuscité ! ”              ” Le Christ est ressuscité ! ”       

Le sens de notre vie

saint Dumitru Staniloae

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Le salut de l’homme, corps et âme –

« […] Dieu créa le monde afin de l’amener à la perfection, non pour le laisser éternellement dans une forme relative. Il ne créa pas les hommes pour les amener un à un à la perfection, leur faire passer l’épreuve de la mort, et ne conserver d’eux que l’âme, mais au contraire pour les sauver tous ensemble, et les sauver dans leur être entier, c’est-à-dire également leur corps, lié au monde. C’est seulement ainsi que l’homme en tant que tel sera rendu parfait. Voilà l’ultime accomplissement de l’union intime du Fils de Dieu et du monde par son incarnation et par sa résurrection avec le corps, en tant qu’élément du monde. Dieu accomplit le plan de création du monde et de sa déification dans le Christ, après que, par l’aide apportée par celui-ci, Il a accompli dans la forme actuelle de ce monde tout ce qui pouvait être accompli pour rendre transparentes en lui ses raisons divines.

La vie corporelle

Notre vie ne trouve un sens qu’à partir du moment où elle accède, par la mort, à la plénitude de l’éternité. Mais cette plénitude, l’homme ne peut l’obtenir sans l’éprouver en son corps ressuscité, libéré de la corruptibilité. En effet, la vie véritablement humaine, c’est la vie corporelle, qui confère une complexité spécifique à l’existence humaine, et qui rend l’homme apte à accorder à la vie spirituelle la beauté et la richesse des formes visibles.

La valeur unique et complète de la vie humaine corporelle, c’est le Fils de Dieu qui l’a dévoilée, lui qui a assumé le corps de l’homme et l’a ressuscité pour l’éternité. Ainsi Dieu justifia-t-il la création de la matière qui, par le corps et sa résurrection, se trouve élevée aux cimes de la participation à sa spiritualité, car Il ne laisse pas le corps individuel en proie à la décomposition éternelle.

La personne et le monde

Mais la résurrection corporelle de la personne humaine individuelle ne saurait avoir lieu que dans une solidarité avec la transformation de la substance intégrale du cosmos, c’est-à-dire à la fin de la forme actuelle du monde. Le Christ seul a pu ressusciter auparavant, pour placer devant nous la perspective et l’espérance de la résurrection, et pour se faire la source de la puissance de transfiguration du cosmos actuel et de la résurrection de nos corps. Le Christ ressuscité est en lui-même à la fois le principe et le prophète de la fin de la vie actuelle du monde, et de son élévation jusqu’à la plénitude de la vie en Dieu.

L’élévation de la vie de notre personne individuelle jusqu’à la plénitude de la vie en Dieu est solidaire de celle de tous. Ceci, non seulement dans la mesure où la résurrection du corps ne peut advenir sans une transformation du monde par la résurrection de tous, mais également parce que l’Histoire, en tant qu’œuvre de toute l’humanité, exerce un rôle important dans l’actualisation, bonne ou mauvaise, des virtualités contenues dans la nature humaine, et tend à rendre le monde, pris dans son ensemble, toujours plus transparent aux raisons divines sous-jacentes en lui — grâce à tous les bienfaits que l’humanité réalisera en lui — ou toujours plus opaque — du fait des maux qu’elle aura causés.

Le Christ veut sauver le monde

Dieu élève le monde jusqu’à une plénitude de vie en laquelle s’actualisent toutes les virtualités qu’Il avait mises en lui au moment de la création. Toutefois ces virtualités ne sont pas actualisées par l’homme isolé, mais grâce à une collaboration entre tous, à un travail d’ampleur cosmique. C’est, prise comme un tout, que l’activité humaine a un sens, une signification pour l’humanité considérée du point de vue de sa plénitude éternelle — elle rend éternel et parfait tout ce qui, sur le plan historique, a été réalisé de bon. L’humanité croyante n’est pas transportée telle une masse passive jusqu’à la vie parfaite et éternelle ; c’est Dieu qui lui a donné les moyens de mettre en valeur, comme fruit de ses efforts menés de façon solidaire, les dons naturels qu’Il lui confia au cours de sa vie terrestre. Le Christ lui-même s’est fait homme au cœur même de l’Histoire, Il reste à nos côtés jusqu’à la fin du temps, afin de nous conduire sur le chemin qui mène jusqu’à lui, afin de nous faire croître spirituellement, de faire croître le monde et de nous permettre un dialogue actif avec lui […] ».

Saint Dumitru le Confesseur, Théologie Dogmatique Orthodoxe, vol. 3, trad. française à paraître aux éd. du Cerf, p. 217.
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