« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

Pour réveiller les consciences : passion et gloire du serviteur de Dieu Éphrem

moine Ephrem

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Le salut est dans l’assimilation au Christ –

Antoine, exécuté le 8 juin, était devenu moine le 7 sous le nom d’Éphrem. Auparavant, il avait eu avec son père spirituel les échanges suivants.

Article de Mgr Hiérothée paru le 7 juin :

Dans un texte précédent j’ai annoncé qu’Antoine – Frank Atwood – devait être exécuté par l’Etat d’Arizona aux Etats Unis début juin. Ses avocats ont procédé à diverses actions pour tenter de commuer sa peine de mort en emprisonnement à vie, ainsi que pour tenter de faire annuler l’exécution en invoquant une difficulté avec le poison choisi pour celle-ci, mais toutes ces requêtes ont été rejetées. Lui-même, pendant des années, a proclamé de manière absolue, que, quand bien même il aurait commis des fautes dans sa vie, il n’a pas commis ce meurtre pour lequel il est condamné à mort. Personnellement, je crois à son innocence. Ainsi, Antoine va être exécuté ce mercredi 8 juin à 10h, heure d’Arizona, c’est à dire à 19h, heure de Paris.

Dans une lettre qu’il m’a envoyée ce samedi 4 juin, il y a 3 jours, il m’écrit notamment :

Lettre du moine Ephrem

« Mon cher Monseigneur, Métropolite Hiérothée.

Bon Paradis !!!

Concernant les affaires en cours, nous avons eu une audience le 24 mai pour demander que ma peine soit commuée, par clémence, en enfermement à perpétuité. Avec optimisme, je pensais que la chance de réussite était d’1%. Bien sûr la clémence a été refusée. Malgré tout la gloire de Dieu a vaincu ! Le très cher Père Païssios [higoumène du monastère d’Arizona] est venu avec environ deux douzaines de moines et de moniales, et plus de 150 fidèles vivant autour du monastère. Certains moines ont témoigné de l’immense transformation intérieure que Dieu a opéré en moi. Ainsi, plus le « conseil de clémence » et l’Etat tentaient de me dépeindre sous un jour mauvais, plus la transformation opérée en moi par Dieu apparaissait comme vraiment miraculeuse. Dieu a vaincu, assurément !

Le métropolite Athanase de Limassol m’avait dit que si Dieu permettait mon exécution, c’est qu’Il aurait accepté mon repentir et je suis prêt à partir pour le Paradis. Sara [son épouse] et moi sommes soutenus par cette sage parole. Je suis triste pour moi-même, pour ma négligence dans la prière, et bien sûr pour Sara, car ce sera terrible pour elle de rester seule. Je vous en prie, priez pour moi, pour que le Christ nous fortifie !

Je continue mes vigiles pendant 2 heures, mais je suis encore négligent et je ne fais plus les Heures, et je ne dis pas tout le temps la Prière. J’ai essayé des méthodes « hésychastes » pour la prière (respiration, etc) et à un moment je vivais ce que je crois être une prière du cœur. Quand je me concentre maintenant, la prière semble savoir le chemin vers mon coeur, mais, très vite, elle est chassée par des pensées mondaines. Je sens que j’ai tellement échoué. Ce que vous avez pu me conseiller pendant les Vêpres de l’Ascension du Christ est miraculeux et me donne du courage. Gloire à Dieu ! Votre enseignement est comme l’oxygène spirituel et je prie que mon âme continue à respirer profondément cette bonne odeur salutaire. Parfois je trouve de la consolation dans les conseils de moines profondément spirituels, mais, de manière tragique, régulièrement je perds ma concentration et je m’attriste à cause des évènements. Cela m’apparaît comme une expérience terrible que le gouvernement va m’attacher et m’injecter un poison mortel. Mais c’est le véhicule qui va me transporter dans le voyage vers le Paradis. Quel paradoxe. Le conseil du Métropolite Athanase est ma bouée spirituelle dans cet océan de l’extrême folie du monde. Il en est de même pour votre conseil, et les paroles des saints…

Ainsi je vous demande principalement et avec humilité vos prières pour mon ascension avec le Christ, s’ils me tuent le 8 juin. Vous êtes une lumière spirituelle. Je vous remercie énormément ! Si vous pouviez m’envoyer un autre email d’ici le 7 juin je vous serais humblement reconnaissant. Je vous en supplie.

Je prie pour votre salut par les prières de la Très-sainte Mère de Dieu.

Avec beaucoup d’amour en Christ,

Antoine (pécheur) »

Je lui ai répondu aussitôt et il m’a écrit le 6 juin c’est à dire hier :

Deuxième lettre du moine Ephrem

 » Très cher Métropolite Hiérothée,

Sachez que je me réjouis beaucoup de vous envoyer un email, et recevoir votre réponse est une allégresse. Je vous en remercie. Géronda, vous voyez dans mes mails mon « bon comportement », mais vous ne voyez pas les nombreuses fois où je combat de manière terrible avec Dieu, que Dieu me pardonne. Oui, je l’ai confessé, mais les démons chuchotent encore à mon oreille que je ne passerai pas les péages et qu’ils m’attendent. Tous voient mon « bien », mais moi je crains mon « mal ». Et maintenant j’ose prendre le Grand Schème… mais les démons me font peur.

Je suis le prisonnier le plus haï des prisons d’Arizona. Le voyage a été long et difficile. À travers ce voyage, Dieu m’a porté avec amour et maintenant je m’approche de la porte de la mort avec l’espérance de la tonsure, du martyr et du Paradis. Il paraît arrogant de le dire, mais je commence à percevoir et à embrasser en moi la grâce de Dieu. Que cela soit béni !

Vos efforts pour moi me touchent profondément. Je suis terriblement consolé de savoir qu’une chaîne de prière me tient vivant, et cela même après mon exécution, au moins pour les 40 premiers jours. J’aime beaucoup les versets 35-39 du 8e chapitre de l’Épître de saint Paul aux Romains ; même quand j’étais protestant ils avaient beaucoup de sens pour moi, ils en ont encore plus maintenant. J’ai avec moi le 5e tome de la Philocalie pour m’accompagner jusqu’à ma mort mercredi. Gloire à Dieu ! »

Les derniers mots

Après cela, il écrit les paroles surprenantes qui suivent, ses derniers mots :

« Enfin, laissez-moi partager avec vous une expérience récente. Après mon audience du 24 mai, la famille de la victime est passée près de ma « cage » et l’oncle de la fille a souri et m’a dit : « Maintenant enfin, l’aiguille va transpercer ta main ». J’ai penché la tête et j’ai souri. Pendant 40 ans cet homme m’a méprisé, et maintenant il a l’occasion de m’injurier face à face. Combien il a dû se sentir mieux. Je me suis réjoui ! Je ne suis pas d’accord avec sa haine, mais je pense que je la comprends et je m’attriste qu’il faille qu’il passe par cela pour se sentir mieux. C’était un moment intéressant et encourageant. Je vous aime, Géronda, et je vous remercie tant. Avec beaucoup d’amour en Christ, Antoine. »

Conclusion

Je lui ai répondu comme il convenait pour l’encourager dans cette voie. Que dire pour le bien aimé Antoine ? Je prie qu’il ait la force dans ce chemin, qu’il vainc avec la force du Christ toutes ses peurs, et qu’il rencontre le Christ qu’il a tant aimé, dans la prison, avec l’aide importante de Sara, son exceptionnelle épouse. Prions pour cette heure difficile que mon cher Antoine va affronter, afin qu’il le traverse avec courage et avec la prière du cœur, comme je le lui ai conseillé, ce moment difficile qui mène, par la mort, de la vie biologique à la Lumière éternelle. »

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