« Pendant ton baptême dans le Jourdain, ô Christ, fut manifesté l’adoration due à la Trinité. Car la voix du Père te rendit témoignage en te nommant Fils de Dieu ; et l’Esprit, sous forme de colombe, confirmait la vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde : Gloire à toi ! »

Réincarnation et foi dans le Christ

saint Etienne

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Certains de nos contemporains croient en une forme de réincarnation tout en se pensant chrétiens.

1. qu’est-ce qui attire dans la doctrine ou la foi en la réincarnation ? Il est très important de commencer par comprendre le point de vue de l’interlocuteur!

2. qui est Jésus Christ pour cette personne? Ce n’est pas dans les paroles de ce Maître que l’on peut trouver quoi que ce soit qui ait un rapport avec la réincarnation (métempsychose, transmigration des âmes…)

3. la réincarnation suppose une anthropologie dualiste âme-corps qui n’est pas celle du courant sémitique auquel appartient la Bible

4. la réincarnation suppose la vanité du corps et du monde matériel en général. La mort serait alors une libération du corps pour une âme immortelle. Cela non plus ne peut pas se trouver dans la tradition biblique qui culmine dans le Christ, son enseignement et son exemple. Le Verbe, en se faisant chair, a donné une extraordinaire valeur au corps et à la matière

5. le corps est personnel ; il est marqué par une identité exclusive qui correspond au nom dont chacun sera appelé à la Résurrection générale

6. le caractère unique de l’existence personnelle est associé à une vie unique en ce monde et dans l’autre. Tout ce qui est important est, selon la vision biblique, unique

7. le retour dans ce monde de certains saints, comme le retour annoncé du prophète Elie, n’a aucun rapport avec la réincarnation: c’est le retour d’une personne, non la réincorporation d’une âme personnelle dans un corps anonyme. En ce qui concerne Hénoch son retour n’est pas une réincarnation, puisqu’il n’est pas mort et qu’il a été enlevé au ciel.

8. la foi chrétienne confesse la résurrection du Christ, non sa réincarnation. Le Christ, par son Ascension (« assomption », pour mieux traduire), ne s’est pas désincarné: Il assume son corps personnel et est glorifié avec ce corps à la droite du Père, comme l’a vu saint Etienne le premier diacre et martyr, et comme le montre l’icône

9. il est vrai, l’expression “incarnation” employée par les chrétiens prête à confusion. “Incarné” pourrait être compris comme une entrée dans la chair, et la réincarnation pourrait être symétrique avec cette entrée, après désincarnation ou sortie de la chair. Mais le Christ n’est pas entré dans une chair ou dans un corps: Il s’est fait chair, Il s’est fait corporel, Il s’est fait homme, ce que nous saluons le 25 mars. Le 25 décembre est la manifestation au monde du Dieu devenu corporel, chair et sang, “en chair et en os”, aucun rapport avec la réincarnation.

10. le « retour en gloire » du Christ, confessé par l’Église dans son Symbole de foi, n’est donc pas une réincarnation de Jésus

11. ainsi, que quelqu’un veuille adhérer à l’idée de réincarnation ou de métempsychose ou de transmigration des âmes, idée probablement plus pythagoricienne que bouddhiste, est respectable comme toute opinion individuelle. Mais cette opinion n’est pas compatible avec la vision juive et chrétienne de la vie et de la mort. Elle n’est pas compatible en particulier avec la foi dans la résurrection corporelle du Christ, et la résurrection de toute chair au terme de l’Histoire. Par ailleurs, la réincarnation est liée à une vision cyclique du temps: or, la vision biblique du temps n’est pas cyclique, à la différence de certaines conceptions cosmologiques indo européennes: elle est linéaire, elle va de l’Alpha à l’Oméga, comme le dit l’Apocalypse.

PS: il y a beaucoup de confusion dans l’anthropologie de la plupart des chrétiens, mais ce qui est important, dans la Bible et l’Évangile c’est le mystère de la personne et non la dialectique de l’âme et du corps.

(a.p. Marc-Antoine)

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